‹ La guerre de Sept ans [microforme]Chapitre 116 sur 230 · CIRCONSPECTION DES GÉNÉRAUX AUTRICHIENS · texte numérisé non relu

CIRCONSPECTION DES GÉNÉRAUX AUTRICHIENS

mal vu, comme nous l'avons dit, de ses collègues (1) jaloux d'un avancenient trop rapide à leurs yeux, était très populaire parmi les soldats qui accueillirent l’ordre de marche avec des cris de joie.

A son camp de Pilzen, Frédéric apprit l'arrestation de Tottleben, dont les imprudences avaient enfin ouvert les yeux de ses chefs sur ses procédés; privé des renseignements habituels, il fut pendant quelques jours très incertain sur la direction que prendrait l'armée russe, Il savait que le corps d'O’Donnell avait quitté Zittau et qu'il rejoindrait Laudon vers le 14 juillet ; la jonction effectuée, il pensait que les Autrichiens se porteraient en Haute-Silésie à l'encontre de Butturlin, mais il ne pouvait laisser Breslau à découvert. Pour parer au danger de ce côté, le général Knobloch fut envoyé avec une vartie du corps de Zieten prendre position près de la capitale de la Silésie. Le Roi prévoyait le cas où il serait obligé d'aiier de sa personne en Haute-Silésie et où Daun profiterait de son absence pour faire une pointe sur Gorlitz, Liegnitz et Breslau. Le prince Henri devrait nécessairement suivre le feld-maréchal. « Vous ne me trouverez pas probablement, écrit-il(2), dans ces contrées à volre arrivée, mais toutes ces circonstances me font voir qu’il faudra que je me hâte de décider les affaires en Haute-Silésie pour être à portée de vous renforcer et de secourir la basse, » Le 1%, les nouvelles de Saxe furent plus rassurantes, Daun n'avait pas bougé, et Laudon n'avait rien entrepris jusqu'alors. « Vous m'avouerez, écrit Frédéric (3), qu'il est surprenant de leur voir perdre leur temps et agir avec si peu de vivacité. »

Les nouvelles des Russes n'étaient pas de nature à faire craindre un prompt début de campagne : Le gros de

(1) Schoefer, vol. II, 2, p. 231.

(2) Frédéric à Henri, Pilzen, 12 juillet 1761. Corr. Polit., XX, p. 528. (3) Frédéric à Henri, Pilzen, 16 juillet 1761. Corr. Polit., XX, p. 534.

l’armée de Butturlin longeait à marches lentes la frontière de la Pologne; son avant-garde était parvenue à Namslau et ses cosaques se rencontraient avec les pandours du corps de Bethlem dans les environs d'Oppeln où le général russe se proposait de passer l’Oder et appelait : Laudon à sa rencontre, rencontre pour laquelle l’étatmajor russe ne montrait pas grand empressement. « Plus les armées semblent s'approcher, écrit l’attaché français Menager (1), et moins je crois les Russes disposés à la jonction », les préférences du généralissime seraient pour | une campagne en Poméranie plutôt qu’en Silésie. Aussitôt rejoint par les renforts venus de Zittau, Laudon se mit en mouvement et sortit des montagnes où il était resté || jusque-là. Le 19 il avait quitté Dittersdorf, le 26 il était à | Skoltz, cherchant à couper au Roi la route de Neisse. | | |

Quant à Daun, il s'était borné à porter Lascy avec 12 à

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