XII DÉDICACE
enfin dans son cœur le fer brûlant, où sont inscrits nos devoirs d'homme et de citoyen; car nous aussi nous sommes autant de soldats du progrès, tout aussi bien que Luther, Munzer, Hutten et Geyer, toutaussi bien queleshardislutteurs et vainqueurs de 89. L'humanité, qui va à Dieu, aura toujours ses avant-coureurs, ses pionniers, et ses porteétendards. Ce sont les poètes et les écrivains, poussés par la pensée, cette grande locomotive du cœur, qui, broyant tous les obstacles qu'on lui oppose, avance, toute haletante , au risque même de dérailler et de faire verser toute une génération.
Madame, nous vivons dans un siècle d'or, où les hommes de cœur et de tète ont besoin de se rallier et de serrer les rangs , sinon pour marcher, du moins pour rester debout.
DÉDICACE. Mil
Les guerres sociales du seizième siècle ne sont pas du tout de l'histoire ancienne. Nous sommes peut-être à la veille de passer par des épreu- * vesdu même genre. Réunissons donc nos efforts, pour que dorénavant le progrès social devienne le progrès rapide mais pacifique de l'intelligence et de la raison. Allumons les grands feux de l'âme et du cœur; brandissons la plume, au lieu du glaive ; faisons retentir dans l'air la voix sincère et entraînante des principes du vrai et du beau ; soyons hommes enfin, comme dit Munzer, et Dieu sera Dieu!....
Quand il y aura des hommes, les femmes aussi rempliront leur vocation d'une manière plus digne et plus élevée. La femme , c'est la couronne de la création, le reflet de la divinité.