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LES PRÉCÉDENTS, LA CANTINIÉRE MARIE-ANNE

La CANTINIÉRE. Qu'cst-cc que vous avez donc à rire, vous autres?

Le SERGENT, criard. Hé ! payse, arrive un peu con- '^ templer les trophées de la victoire !

Marie-Anne, arrivant. Qu'est-ce que c'est?

Le SERGENT. Tiens... regarde, citoyenne; qu'est-ce que tu penses de ça? ^

Marie-Anne. Du savon. ..des bouffettes...un peigne... ^ Oh ! Gauche, tu vas me faire un don patriotique. J'ai perdu mon peigne, j'ai usé mon savon depuis thermidor.

Le sergent. Hé! hé! comme tu y vas, payse!... Les bouffettes, oui. ..c'est un ornement du beau sexe. ..mais le savon... le peigne...;//!?///'^'. ^

Marie-Anne. Oh ! le beau linge ! Qu'est-ce que tu demandes de ces chemises ?

Le sergent. Elles sont en réquisinon pour le service du sergent Gauche, citoyenne.

Marie-Anne. Si tu me les consacres, Gauche, je suis

capable de te sauter au cou.

5 Le sergent. Ça me flatterait, payse, oui !... Mais vu

l'e'tat du fourniment et l'arrie'ré de la solde, je suis forcé de les

rempaqueter pour le fils de maman... Ça me saigne le cœur !

Î^Iarie-Anne. Au moins, donne-moi le savon?...

Le sergent. Et qu'est-ce qui fera la barbe du sergent lo Gauche'? {Se levant d'un air solennel.)^ Marie- Anne, vous êtes ambitieuse : l'ambition perd les États. Mais, nonobstant l'observation, je vous consacre mon savon, à cette fin que vous versiez un petit verre aux hommes du poste, après la garde. Ça va-t-il ?

15 i\LA.RiE-ANNE. Ça va! {Ils se dotuient la main. Elle reçoit le savo7i, gii elle fourre dans sa poche. Le sergent ferme son sac. Marie-Anne regarde les autres.) Vous voilà tous renippés.

Un soldat. Oui, citoyenne, nous avons tous de bons 20 souliers autrichiens.

Un AUTRE. Ah ! si Ton pouvait mettre les capotes et les culottes des kaiserlicks (// montre une capote autrichienne), nous serions des mirliflores !

IMarie-Anne, ?-iant. Hé ! ils ont tous des chemises et 25 des souliers... Ah ! les gueux, les voilà remplumés pour longtemps.

Le sergent. Et ça ne coûte rien à la République une et indivisible; c'est le citoyen François II qui se charge des fournitures.

30 Marie-Anne. Lia! oui, mais il était temps. ..il était temps !

Un officier, sur le seuil du hangar, appelant. Marie- Anne?

Marie-Anne. Voici, lieutenant, voici. \Elle rentre.'\

LES PRÉCÉDENTS, moins LA CANTINIÉRE.

Le sergent, se retournant et regardaiit Rabot tout dcconfit. Quant à toi, Rabot, vu la débâcle de Korsakow,

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