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La guerre en Artois

En offrant à Nos diocésains et, — s'ils veulent bien r agréer, — aux catholiques de France ce livre sur La Guerre en Artois, nous avons conscience de leur présenter une œuvre qui ne peut être actuellement ni complète, ni définitive.

Nous sortirions de Notre rôle, si Nous voulions raconter à fond l'histoire militaire de la guerre, sur le glorieux; et douloureux théâtre qu'est encore une partie, de moins en moins considérable, de Notre diocèse. Mais, d'autre part. Nous craindrions d'être infidèle à Notre JTiission pastorale, si Nous ne fixions le souvenir de ce que Nous avons déjà dit et écrit à Notre clergé et à Notre peuple, pour les éclairer et les consoler, et si Nous ne rappelions ce que l'un et l'autre ont fait et continueront de faire, pour répondre à Notre voix. Ces pagres seront donc surtout consacrées à Vliistoire religieuse de la guerre en Artois, en son état actuel.

Notre regard se tourne d'abord vers Rome, comme il convient à des fils aimants et reconnaissants. Après avoir

VI rKEFACE

pleuré Pie X, de sainte et vénérée mémoire, Nous avons, de Notre ville épiscopale encerclée et bombardée, envoyé à Sa Sainteté Benoît XV, avec les protestations de Notre dévouement, divers rapports sur les causes de Nos tristesses et de Nos deuils. Et, chaque fois. Nous avons reçu du Vatican les preuves que le Souverain Pontife est véritablement, pour Nous et pour la France, un Consolateur, un Bienfaiteur, et surtout un Père.

Ses paroles sont les premières que Nous tenions à présenter au lecteur; en sortant du cœur du Vicaij-e de Jésus-Christ, elles prêchent, avec la patience, la confiance dans le triomphe de la juste cause que la France défend.

De plus, le droit éternel et imprescriptible exige que, par le rappel de la doctrine et surtout par le simple exposé des faits. Nous élevions devant le monde la plus énergique protestation contre tout ce qu'en Artois — plus qu'ailleurs peut-être — les non-belligérants et leurs biens, les monuments sacrés, — où Dieu réside, — comme les souvenirs de notre glorieuse histoire, les monastères, les asiles ouverts, par V Eglise ou avec son concours, aux blessés, aux malades, aux infirmes, aux \enfants sans défense, à la jeunesse chrétienne et à Nos lévites, ont souffert de la barbarie consciente de nos ennemis et de leur prétendue « culture ».

Nous avons le devoir de leur opposer les sacrifices qu'ont faits, généreusement et glorieusement, à l'Eglise et à la patrie. Nos prêtres et Nos clercs, Nos religieux et Nos religieuses, les membres de Nos œuvres catholiques, au prix de leurs labeurs, de leurs tortuj-es physiques et morales, et même de leur vie.

PREFAClî VII

// faudra, pow en donner une idée, revenir par la pensée vers Notre cité épiscopale dM/Tos, appelée son a exagération la « ville martyre », et parcourir le front d'Artois. — Quelques étincelles de poésie et d'art éclaireront le tableau sans vouloir ni pouvoir l'égayer.

Tel est l'objet des principaux documents et récils qui se partagent ce livre. Il convient de le compléter par l'indication discrète de ce qui s'est fait, à Z 'arrière; là, on s'est appliqué à guérir les plaies des corps et des âmes, que la guerre présentait, vives et béantes, à la pitié de tous ceux, de toutes celles qui, dans Notre diocèse, ont connu le péril seulement de loin, mais qui ont haussé leurs vertus à la hauteur des circonstances; ù côté des ruines, ils ont fait abondamment fleurir et fructifier partout l'olivier sacré de la charité.

Nous avons demandé à de multiples collaborateurs, — témoins ou acteurs de la guerre en Ai'tois, — de Nous renseigner, clairement et simplement, sur ce qu'ils savent. Ils Vont fait avec une bonne volonté et une promptitude dont Nous les remercions ti'ès vivement. Leurs rapports, publiés ou résumés ici, sous Notre direction, avec l'assistance de Nos vicaires généraux, donneront à ce livre sa valeur documentaire.

(( Ce livre », — dirons-Nous après Mgr Tissier^ dont /'Histoire de la guerre en Champagne a inspiré la nôtre (i), — «a souventune allure confessionnelle et même (( apologétique. Mais si nous avons mis en relief la con- (( duite du clergé et l'action religieuse, c'est avec la pen-

(1) Introduction, p. vi, Téqui, éditeur.

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