‹ La guerre en ArtoisChapitre 28 sur 121 · CHAPITRE VI Le Livre d'or de TÉglise d'Arras · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Le Livre d'or de TÉglise d'Arras

Nous publions, sous ce titre : les Mises à l'ordre du jour, — de l'armée ou du pays, — et les Décorations officielles, accordées aux prêtres et séminaristes, aux religieux et religieuses, du diocèse d'Arras.

Rien ne saurait valoir le texte même qui a notifié ces honneurs si mérités et qui en fait, jx)ur ainsi dire, partie.

Mises à V ordre du jour.

Ont été mentionnés, en c^s termes, au Journal officiel :

S. G. Mgr LoBBEDEY, évêque d'Arras :

N'a cessé, depuis les premiers jours du bombardement de la ville, de réconforter la population éprouvée, s 'employant avec l'aide de son clergé à soulager les misères. Il a mis à la disposition des services d'ambulance militaire un vaste établissement lui appartenant et où sont

D!liU ET PATRIE ll\9

('p^alemcnt recueillis cl soignés les blessés et malades civils que la destruction de l'hôpital avait laissés sans asile.

M. le chanoine C. Yitel, aumônier du ...® régiment de ligne; blessé à Sains- Richaumont, le 3o août i9i/i; retourné au front en janvier i9i;> :

Pendant un long séjour dans un poste particulièrement dangereux, non content de prodiguer ses soins et son secours moral aux blessés du régiment, d'ensevelir pieusement ceux qui étaient mortellement frappés, n'a cessé de circuler dans le cantonnement perpétuellement bombardé, pour apporter dans les autres postes de secours l'aide de ses bras et ses plus douces consolations, donnant à tous un merveilleux exemple de zèle, de courage et d'amour fraternel. (Double citation.)

M. Tabbé de la FoREST-DrvoNNE, aumônier de l'hospice des Vieillards d'Arras :

Est resté seul au moment du bombardera^ent dans l'hôpital éventré par les obus; avec le concours de deux fossoyeurs, il a procédé à l'inhumation des pensionnaires de l'hospice, victimes du bombardement; il a fait preuve, dans le désarroi de l'établissement, d'un sang-froid admirable et d'un courage personnel au-dessus de tout éloge.

M. l'abbé Vai^lière, vicaire de Saint-Nicolas-en-Cité d'Arras :

Aussi courageux que modeste, a déployé à l'hôpital Saint-Jean, où il remplissait l'office d'aumônier, une activité infatigable. Alors que les obus pleuvaient sur rétablissement, est demeuré au milieu des malades, prenant sa part de danger, aidant au transport des blessés, surexcitant par son exemple les énergies de tous, procédant imperturbablement aux inhumations des nombreuses Nâctimes militaires ou civiles du bombardement.

lOO LA GUERRE EN ARTOIS

Seconde citation :

A donne les plus beaux exemples de courage, de bonté et de dévouement.

Dès le 28 août 1914, a prodigué volontairement ses soins aux blessés et leur a apporté, sous le feu, le soutien et le réconfort moral des secours religieux, de son calme et de son mépris absolu du danger qu'il partageait avec eux.

A trouvé la mort au cours du bombardement du 29 novembre 1914.

M. l'abbé Victor Cortyl, de Saint-Venant, sousdiacre, élève du Séminaire Saint-Sulpice :

Le 8 septembre, au Montoy, sous un feu violent d'artillerie, a organisé un refuge de blessés. Resté seul avec ses blessés, les a soignés toute la nuit; le 9, a réuni les plus valides et les a conduits à une ambulance, a fait le nécessaire pour que les blessés qu'il avait laissés soient enlevés. Nommé brancardier depuis, a fait preuve de zèle et d'abnégation.

M. l'abbé Pierre Wartelle, d'Arras, lieutenant au ..." de ligne :

Se trouvant, en plein com.bat, appelé à prendre le commandement du bataillon, a su le maintenir en position et le pousser à faible distance des retranchements ennemis. A exécuté avec une grande bravoure des reconnaissances dans les réseaux de fil de fer ennemis; et, le bataillon ayant été relevé, l'a reconstitué au cours de la nuit. A fait preuve d'intrépidité, d'un complet mépris du danger et d'une indomptable énergie.

M. l'abbé Cyr Dupont, sergent au ...^ régiment d'infanterie.

Superbe attitude au feu depuis le début de la campagne; a fait preuve dans la journée du 16 février, lors de l'attaque d'une tranchée ennemie, de la plus grande bra-

vouic et du plus grand courage. A maintenu la position conquise de lo heures à 17 heures, malgré de violentes contre-attaques ennemies, et est mort à son poste, frappé d'un éclat de grenade en pleine figiue, sans avoir reculé d'un pas.

M. l'abbé Abel Barbier, sergent au ...^ bataillon de chasseurs à pied, cité à l'ordre du jour le i""^ juin i9i5, tué le 24, après avoir pris trois tranchées allemandes avec sa section.

M. l'abbé Joseph Vaillant, curé de Saint-Nicolasles-Arras :

Resté dans sa paroisse malgré un bombardement intense, se multiplie depuis sept mois, au constant péril de sa vie, pour relever nos blessés, encourager et soutenir les combattants, ensevelir les morts, donnant à tous le plus noble exemple et le plus haut réconfort moral.

Est demeuré constamment sur la ligne de feu, donnant l'exemple du courage, prodiguant son dévouement à tous, militaires et civils, sans le moindre souci des dangers qui Tentouraient. Est depuis de nombreuses années titulaire d'une médaille de sauvetage (2® citation).

M. l'abbé Henri de Bonnières, curé du faubourg Saint-Sauveur, à Arras (cité deux fois) :

Est demeuré à son poste, après que tous les habitants de sa paroisse ont été évacués. Aumônier volontaire des régiments qui se succèdent en première ligne depuis huit mois, ne cesse de faire preuve d'un dévouement admirable, en donnant à tous l'exemple du plus magnifique courage.

M. l'abbé Alexandre Laloux, professeur à l'institution Saint-Vaast, à Béthune, infirmier militaire :

Pour le sang-froid, le zèle et le dévouement dont il a fait preuve au cours de la journée du 3o octobre igi/i,

j5â LA GUERRE EN ARTOIS

pendant ie bombardement de l'hôpital Saint-Jean, à Arras, qu'il subissait pour la troisième fois et qui \Tenait de blesser grièvement un des médecins et un des inlirmiers de l'ambulance.

M. l'abbé Louis Ditte, professeur à rinstitution Saint- Yaast, de Béthune, brancardier :

Les 9, lo et II juillet igiS, a déployé un zèle infatigable et une rare intrépidité, en relevant, jusque dans les postes d'écoute et sous un incessant bombardement, morts et blessés.

M. l'abbé Gaston Dubal, professeur à l'institution Saint-Pierre de Calais :

E*n toute occasion, s'est montré d'un courage à toute épreuve dans sa participation au relèvement et au transport des blessés.

M. l'abbé Léon Choquet, S. J., M. l'abbé Pierre DÉPREz, professeur à l'institution Saint-Vaast de Bétbune, M. l'abbé Modeste Protin, professeur au collège Saint-Bertin, de Saint-Omer :

Brancardiers très zélés; sont partis la nuit, dans un terrain particulièrement difficile, et sous la mitraille, à la recherche des blessés.

M. l'abbé Achille Grillet, vicaire à Houdain :

S'est présentée constamment comme volontaire pour le transport des blessés, dans des conditions particulièrement périlleuses.

R. P. Emile Duchene, religieux assomptionniste, de Calais, soldat au ...® d'infanterie; double citation à l'ordre du jour :

A fait preuve de beaucoup d'énergie, de dévouement et

DIEU ET PATRIE l5S

de sang-froid, en se portant sons nn bombardement violent, au secours de camarades blessés.

D'un dévouement surhumain, faisant ra<}miration de tous, ne cesse do prodiguer ses soins avec un courage inlassabJe. Pendant les journées des 6, 7, 8 octobre 19 r5, s'est constammfent tenu sur la ligne de feu au plus grand mépris du danger. S'est souvent porté entre les lignes au péril de sa vie pour secourir ses camarades blessés et assurer leur transport dans des conditions des plu3 pénibles.

M. l'abbé Octave George, sergent mitrailleur.

Sous-offieàer énergique. A fait preuve, au cours des attaques du 23 et du a4 janvier 1916, d'un courage et d'un sang-froid dignes de tout éloge. Ses pièces, placées dans une position avancée, ayant été mises momentanément hors de service et l'ennemi avant réussi à gagner le parapet de notre tranchée, s'est précipité, armé de grenades, sur le parapet, entraînant les éléments d'infanterie voisins, et a réussi à repousser cette attaque.

M. l'abbé Louis Paroissien, sous-lieutenant.

Officier mitrailleur d'une grande énergie et d'un sangfroid remarquable. A assuré d'une façon parfaite, au cours des combats du 28 au 27 janvier 1916, le commandement des mitrailleuses de première ligne, contribuant ainsi efficacement à repousser les attaques ennemies.

M. l'abbé René Viltart, sous-lieutenant, chef de section à la 22® compagnie du ...® de ligne, étudiant du diocèse d'Arras au Séminaire français de Rome :

Au cours d'un bombardement extraordinairement violent des positions ennemies conquises le i3 juin, est sorti de l'abri dans lequel il se trouvait, pour soigner des blessés de sa section. — A été tué. — Officier déjà blessé à l'Ecluse du Jodat, et revenu au front à peine guéri.

M. l'abbé Phil. Campagne, curé de Loos-en-Gohelle : Demeuré dans la commune pendant l'occupation aile-

iTiande, a veillé à la sauvegarde de ses concitoyens, pourvoyant à leur existence, affrontant, souvent au péril de sa vie, les exigences des vainqueurs qui le traitaient en otage responsable. A fait preuve d'un courage, d'un sang-froid et d'un dévouement de tous les instants. A accompli tous ces actes méritoires avec une simplicité et une modestie qui en doublaient la valeur.

M. l'abbé Paul-Maurice Van Laarhooven, lieut. d'inf. :

A maintenu sa section sur un front de 800 mètres sous im feu extrêmement violent d'infanterie et d'artillerie, se portant en dehors des tranchées sur le point le plus menacé, luttant contre un ennemi dix fois supérieur en nombre. (Titulaire de deux autres citations, dont une en Serbie.)

M. l'abbé Paul-Pierre Lefebvre, du diocèse d'Arras, novice des PP. Rédemptoristes de Fauquemont :

S'est signalé avant l'appel de sa classe, dans une ambulance de la Croix-Rouge; au cours du bombardement d'une ville, après avoir relevé et mis en voiture un officier blessé mortellement, est entré dans une maison dont la façade était effondrée, et en a fait sortir la mère et les enfants de cette dernière, qu'il accompagna ensuite à l'hôpital.

(A été aussi l'objet d'une citation à l'ordre de l'armée belge.)

M. l'abbé Aug. Evrard, aumônier volontaire et brancardier du ...® régiment de zouaves, aumônier du collège Mariette, à Boulogne :

A constamment fait preuve, dans son service de brancardier, d'un courage admirable allant jusqu'à la témérité. A été tué en accomplissant sa mission.

M. l'abbé Paul Delos, caporal au ...^ d'infanterie : Blessé le 29 septembre igiÔ, au cours d'une attaque, a

DTEU ET PATRIE IDO

persisté à demeurer avec les hommes de son escouade, malgré un violent bombardement.

R. P. Dhorme, de Fleurbaix, 0. P., sergent à l 'étatmajor du corps expéditionnaire d'Orient :

Chargé des fouilles d'Eléonte, dans une position avancée, en prise au bombardement ennemi, a accompli cette tâche avec une ardeur infatigable et au mépris constant du danger, rendant ainsi aux arts les services les plus distingués.

Sœur hospitalière Sunte-Suzanne :

Tuée par vm obus, en soignant les blessés de l'hôpital Saint-Jean, à Arras.

Sœur hospitalière Saint-Pierre :

Blessée en donnant ses soins aux malades et blessés de l'hospice des Vieillards.

Rév. Mère Bertine, supérieure générale des Soeurs Hospitalières Augustines d 'Arras :

A organisé une ambulance et montré le plus grand courage pendant le bombardement de la ville d 'Arras.

Sœur Sainte-Zoé, supérieure des religieuses de l'hôpital d'Auchel :

A aidé avec la diligence la plus éclairée et la meilleure volonté à l'organisation rapide de l'hôpital de contagieux d'Auchel.

Sœur Saint-Pierre Fourrier et Sœur Saint-Théotime, de l'hôpital d'Auchel :

Se sont consacrées aux soins des typhoïdiques de cet hôpital de contagieux, travaillant jour et nuit avec un inlassable dévouement.

Sœur Saint-Joachim, de l 'Immaculée-Conception, à Anzin-Saint-Aubin (P.-de-C.) :

A toujours fait preuve, dans des conditions particulièrement pénibles et sous la menace d'un danger constant, du plus inlassable et du plus modeste dévouement, consolant et réconfortant les blessés déposés dans sa maison.

M. l'abbé H. Dupas, doyen de Bucquoy, et M"^ Co- CHARD, directrice du pensionnat Saint-Joseph, à Bucquoy :

Ont fait preuve du plus grand courage et d'un dévouement exceptionnel, en aidant le service médical du ii^ régiment territorial à relever les morts, après le combat de Bucquoy, le 4 octobre 191/i; — ont ensuite prodigué aux blessés, pendant huit jours, malgré la présence des Allemands, les soins les plus affectueux et les plus empressés.

Sœur RuFiNE, Sœur Sainte- Adélaïde, Sœur Emér.\nce, Sœur Marie-Ferdinand, de la Congrégation des Franciscaines de Calais, attachées à l'hôpital de Béthune :

Ont fait preuve d'un dévouement inlassable en prodiguant leurs soins à un grand nombre de blessés et de malades anglais et français, alors que la ville et l'hôpital en particulier étaient bombardés par des obus de gros calibre (i).

Sœur Joseph, Fille de la Charité, de l'hôpital temporaire de Nœux :

D'un dévouement à toute épreuAc et d'une douceur inaltérable, s'est consacrée au service des blessés jusqu'à l'extrême limite de ses forces. Tombée malade, a repris son service aussitôt après sa guéri son.

(1) Voir la scène de leur décoration de la Croix de guerre par le général X..., dans ce livre. — M°" la Supérieure des Franciscaines de Béthune a, de plus, reçu une lettre autographe de félicitations et de gratitude de S. M. la reine douairière Alexaadra, présidente de la Croix-Rouge anglaise.

DIEU ET PATRIE iSy

Mère Aldegonde, religieuse Augusline, supérieure de riiôpital Saint- Jean, à Laventie.

A soigné les blessés pendant l'occupation allemande.

L'Ambulaj\ce du Saint-Sacrement ayant été installée à Arras, dans les locaux du Grand Séminaire (Ambulance militaire i/io), nous joignons les noms des auxiliaires bénévoles honorés par la mise à l'ordre du jour :

M™** Houriez, en religion Sœur Jeanne :

N'a cessé depuis huit mois de prodiguer aux blessés les soins les plus dévoués; a trouvé la mort au cours du bombardement du 23 juin, en coopérant à l'évacuation d'une salle effondrée par des projectiles de gros calibre.

Le caporal infirmier Bauin :

A donné l'exemple du courage, de la discipline et du dévouement, lors du bombardement du Saint-Sacrement, le 23 juin, et a été blessé lui-même en transiwrtant les blessés en péril, du fait de la chute de projectiles de gros calibres.

(Le caporal infirmier Bauin est un prêtre du diocèse de Cambrai.)

]\[iie "Wartelle Madeleine, infirmière volontaire, deux fois citée :

N'a cessé de prodiguer ses soins aux blessés et de fournir aux médecins la plus précieuse collaboration; a contribué par son action personnelle, lors du bombardement du 23 juin, à sauver les blessés en les mettant hors d'atteinte des projectiles ennemis. (3 septembre igi5.). — A fait preuve, dans des circonstances tragiques, du plus grand courage. Alors que l'ambulance du Saint-Sacrement, à Arras, où elle était infirmière volontaire, venait d'être bombardée, que des soldats et des religieuses étaient tués, I elle est demeurée résolument à son poste, aidant à des-

cendre en cave les blessés, prodiguant à tous ses soins empressés. (28 novembre i9i5.)

Des médailles d'honneur des épidémies viennent, le 17 mars i9i6, d'être accordées à Mesdames Henri Tail- LiANDiER, Maurice Tailliandier et Emmanuel Coulombel, infirmières de la Société de Secours, à l'hôpital du Saint-Sacrement; on sait quelle part importante elles ont prise à la fondation et au fonctionnement de l'ambulance.

§2. — Distinctions officielles du clergé.

A. — Chevaliers de la Légion d'honneur

Le R. P. Pierre Lefebvre, de la Compagnie de Jésus, ancien directeur à l'institution Saint- Joseph d'Arras, aumônier militaire.

M. le chanoine C. Yitel, aumônier militaire.

B. MÉDAILLE militaire

Le R. P. Emile Duchêne, religieux assomptionniste, de Calais, soldat brancardier.

M. l'abbé Joseph Evrard, professeur au Grand Séminaire d'Arras, soldat brancardier.

M. l'abbé Octave George, sergent mitrailleur.

G. — Médaille d'honneur des épidémies I. — M. l'abbé Victor Turlotte, professeur à Tins-

DIEU ET PATRIE I-^iD

titiition Sainte-Marie, d'Aire-sur-Lys, infirmier militaire à Dunkerque :

A soigné les soldats atteints de la fièvre typhoïde, et l'a Ini-môme contractée à leur chevet.

Page 1