L. Lemaire. Wimcreux
P. Marin. La Capelle.
bleinent appelé; elle fut courte, hélas! Voici, d'après une l«ttre à M. J... L..., l'exploit, invraisemblable, mais authentique, auquel il fut mêlé : « Le 30 octobre, l'adjudant L..., commandant le seclion, demande six volontaires pour patrouiller devant l€S ligne» et s'assurer si l'ennemi n'occupe pas les quelques maisons située» à 500 mètres devant nous; je me présente avec cinq camarades. Après le passage périlleux d'un pont démoli et une marche pleine de précautions, nous arrivons sans être aperçus devant les malsons. On les fouille, baïonnette au canon, le doigt sur la détente. Tout à coup, un cri : « Aux armes! » C'est l'adjudant qui vient d'apercevoir, par le soupirail d'une cave, le canon d'un revolver braqué sur lui. C'était viser trop longtemi>s, car il nous a suffi de presser sur la détente de nos lebels, dans la direction du soupirail, et voilà deux morts et un blessé!
— « Rendez-vous », leur crie-t-on.
— « Ne tirez pas! hait! hait! ia! ia! •» répondent-ils.
Et aussitôt de sortir un à un de la cave, les bras levés.
Pendant que mes camarades les tiennent en respect, je leur arrache leurs baïonnettes. Cependant un unter-offlzier braque sur nous son revolver; je le lui fais tomber des mains. Au même instant, me retournant, j'aperçois un Boche à la porte d'une maison, à 40 mètres. Je le mets en joue. Il laisse tomber son fusil, lève les bras et accourt en me tendant un cigare. Quinze autres le suivent, avec un sergent. Pendant ce temps, les autres sortent toujours de la cave. Un de nous crie en allemand : « En avant, par quatre, bras levés. » Et une colonne de G8 prisonniers s'avance, encadrée par l'adjudant et deux hommes, pendant que trois camarades et moi suivons, portant le Boche sur deux fusils.
Soixante-huit lâches, car il suffisait de quelques coups de doigt sur la détente de leurs fusils pour nous exterminer tous les six. L'adjudant est proposé pour la médaille militaire.
Nous avons été félicités, et une heure après no-us retournions chercher notre butin de fusils et de sacs. J'ai rapporté trois cents cigares pour les camarades. Vous voyez qu'au feu on a quelquefois des distractions! »
Antoine a été tué, le 12 novembre 1914, à Bischoote.
Quelques mois après, sa vénérable mère pleurait un autre fils, Félicien Lorgnier du Mesnil, qu'elle avait donné à Dieu avec la même générosité qui lui avait fait donner Antoine à la France. Séminariste d'Issy, il mourut à Paris après quelques jours de maladie, le 15 mars 1915.
(1) Voir plus loin une poésie de J. de Préville.
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MM
J. CUYILIER.
A. MussELET. Isques.
A. DelaNxXoy.
E. Menuge. Condette.
Ed. Menuge.