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X. Camvet, adjoint à l'école de la rue du Tir, à Béthune

(1) D'après les enquêtes et les renseignements de M. le chanoin» Courtois et de M. Caroulle, inspecteur de l'enseignement libre.

Delachambre, adjoint à l'école de la rue des Louez- Dieu, à Arras;

M. Boucher, directeur de l'école de Bucquoy;

G. DuMONT, directeur de l'école de la rue des Louez- Dieu, à Arras, dont nous avons raconté la fin tragique (i);

H. LiEFOOGHE, adjoint à l'école de Méricourt-Mines;

L. PiNCET, adjoint à l'école Notre-Dame de Calais, tous deux décédés à la suite de maladies contractées au service.

Un nombre à peu près triple a souffert de blessures» maladies, captivité.

Six ont mérité des distinctions officielles; ce sont : MM. Armand Bessac, directeur à Arras, cité à l'ordre du jour civil, en ces termes : « A recueilli dans son établissement les réfugiés des communes voisines chassés par l'invasion et a pu ensuite, lorsqu'il s'est agi de procéder à l'évacuation des personnes étrangères à la ville d 'Arras, les conduire lui-même, sous les obus, à la gare la plus voisine. »

DoRMiEux, chevalier de la Légion d'honneur, adjoint au n° 5 de Grenay (gravement blessé);

Berteloot. Croix de guerre, médaille militaire. Rouvroy-Nouméa;

Paul NouRRY. Médaille militaire. Drocourt-Mines.

Vantorre. Croix de guerre, ordre du jour de l'armée. Hersin.

Eschenbrenner. Croix de guerre, ordre de la division. Pihen.

(1) Voir plus haut, pp. 145-146,

Ce ne sont pas seulement des combattants qu'il convient de mentionner ici : de malheureux écoliers ont été les innocentes victimes de bombardements cruels et aveugles.

Nous avons cité Charles Massin, victime du premier bombardement d'Arras, le 6 octobre i9i4 (i). Plus douloureux encore furent les résultats du bombardement d'Hersin-Coupigny, le 21 décembre i9i5 (2).

Vers 3 h. 1/2 de l'après-midi, quelques obus de io5 tombèrent sur la gare d'Hersin; l'ccolc libre n'est pas éloignée, aux corons de Coupigny. Comme le Iwmbardement se rapprochait, ce fut bientôt de la panique chez les enfants, que les maîtres voulaient retenir en classe. Pour aller rassurer leurs parents, quelques grands élèves partirent, de force, au nombre d'une quinzaine. Ils avaient à peine parcouru dix mètres qu'un obus éclatait au milieu d'eux, faisant sept victimes, sous les yeux de leur maître impuissant. Voici leurs noms : René Bachelaert (i3 ans); Jules Leroux (10 ans); Joachim Jouffray (12 ans); Joseph GoDART (12 ans); Marcel Raviez (12 ans); Paul et Louis Vancouvelaert (10 et i3 ans; deux frères); tous étaient fils de mineurs ou d'employés de la mine.

A leurs funérailles, le 24, en présence d'une foule considérable, la pitié et l'indignation étaient universelles. A l'absoute, M. le curé offrit aux familles ses condoléances et ses consolations; au cimetière, M. Barthélémy, directeur des Mines de Nœux, et M. Rigault,

(1) Voir plus haut, pp. 26-27. — Quatre écoles libres, sous le patronage de Monseigneur ont fonctionné à Arras, pendant l'hiver et au delà; elles ont été fréquentées et rien n'y a manqué ni du côté du personnel enseignant, ni même du côté des distractions et des récompenses.

(2) D'après les notes envoyées par M. le curé d'Hersin et M. le doyen de Barlin.

directeur de 1 école libre des Mines, prononcèrent des discours émus.

Plaignons les enfants et leurs familles. Salvete, jlores martyrum!

II, EiNSEIGNEMEiNï SECONDAIRE

Pendant l'été de i9i4, diverses cérémonies, très solennelles et pleines d'allégresse, avaient, sous la présidence de Mgr l'évêque, célébré, dans plusieurs institutions importantes, les gloires d'un passé remontant à cinquante ans au moins, et rappelant la fondation et les progrès de l'enseignement catholique. C'étaient, — outre le Collège de Marcq qu'on ne saurait oublier, à bien des titres, — les institutions diocésaines d'Aire (avec son tricentenaire), de Saint-Bertin (aux illustrations de tout genre), de Saint-Joseph d'Arras, et le pensionnat distingué des Dominicaines de Bucquoy.

Et, depuis lors, que de ruines et de tristesses! Le principal orateur de la journée d'Aire, M. le chanoine Lecigne, a succombé au fardeau et à l'angoisse; le collège Saint-Bertin, à Saint-Omer, est devenu tour à tour une caserne anglaise et une ambulance française; il n'a même pas dépendu des obus allemands, — tombés sur l'appartement épiscopal, — qu'il ne devînt enfin un monceau de cendres; des obus de mêmes intentions, quoique tombes de moins haut, ont défoncé, à Arras, dans la cour de Saint- Joseph, l'emplacement de la salle des fêtes, artistiquement improvisée pour le cinquantenaire; et Bucquoy, sous la botte, pleure en silence l'exil de sa directrice, — et bien d'autres ca- Xastrophes, dit-on!

En s'inclinant devant l'épreuve, — imprévue, mais surnaturellement acceptée, — il a fallu abandonner, avec tant d'écoles libres des pays envahis, les collèges ecclésiastiques de Bapaume, d'Arras et de Saint-Pol; mais, dans la retraite provisoire et nécessaire, nous avons imité nos alliés les Russes et cherché, ça et là, pour les intelligences et pour les âmes, des abris sûrs.

Il convient, pour le moment, de relever seulement les noms de tant de jeunes gens et d'hommes qui ont trouvé, dans leur éducation catholique, le secret du dévouement absolu à la patrie. Les listes ne sont pas à la veille de pouvoir être publiées dans les inscriptions funéraires des Anciens. Mais avant de graver des regrets sur le marbre, on a déjà partout prié et fait prier pour les morts.

Voici, dans l'ordre alphabétique, les noms qui ont pu être recueillis : plus les collèges sont anciens, plus ils sont par conséquent éprouvés, et plus leurs victimes sont nombreuses; chacun d'eux se fera plus tard un pieux devoir de redire leurs mérites et leurs vertus.

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