L. TiLLIE
Saint-Pol (InsUt. Saint-Louis)
Michel BouRGOis, ancien élève et ancien professeur, tué au combat de S...-R..., le 29 août i9i/|.
de nos derniers et braves capitaines, et surtout un attaché de mon pays. Dès qu'il fut revenu à lui, après que je lui eus donné quelques soins, il ne se rendit pas compte d'abord de son état, et c'est comme un brave qu'il me demanda des nouvelles du combat, puis de sa blessure, parce qu'il croyait, se sentant oppressé, que la balle était restée dans le cou, mais non, elle était sortie; alors, voyant son état s'aggraver, je me suis mis à lui parler de vous, mademoiselle, la première, car je vous connaissais...; et voilà ce que je lui disais : « Soyez fort, mon capitaine; aussitôt l'attaque terminée, je vous transporterai en arrière, et ensuite j'écrirai à M"" votre sœur, elle sera fière d'apprendre que vous avez été blessé au milieu d'un grand combat. » Aussitôt il me regarda, étonné de ce que je lui parlais de sa famille, et me dit tout de suite : « Oui, c'est cela, à ma mère, à ma femme. » Et alors, comme s'il sentait sa fin, il prit dans sa poche intérieure un petit carnet de notes: il me dit, en me serrant chaleureusement les mains : « Voilà pour eux. » Et alors je commençai à lui dire de prier avec moi, afin que l'attaque réussisse et qu'il guérisse vite. Il me répondit : « Oui, c'est cela, prions. » Il eut la force de prendre son chapelet dans sa poche, et les mains jointes et dans les miennes, sa tête appuyée sur mon épaule, et regardant le ciel, il pria quelques instants a.vec moi. Puis, voyant encore dans mes mains le petit carnet de notes, il me dit : « Vous verrez ma femme, ma mère, ma sœur;
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