‹ La guerre européenneChapitre 19 sur 58 · Great Br., doc.n. 10. — Livre Jaune, doc. 32; doc · texte numérisé non relu

Great Br., doc.n. 10. — Livre Jaune, doc. 32; doc

été, tout comme les Puissances de la Triple Entente, surpris par l'action de son alliée. 11 faut reconnaître qu'aucun document n'a contredit, jusqu'à présent, d'une manière décisive, cette affirmation. Il est tout de même surprenant que, s'il n'avait pas été mis au courant par l'Autriche de ce qui allait se passer, le gouvernement allemand ait pu déjà, le 23, le jour même où ÏLiltimatum autrichien était remis à la Serbie, envoyer de Berlin la longue note, qui a été communiquée, le 24, aux Cabinets de Paris, de Londres et de Saint- Pétersbourg. Après une apologie de l'Autriche et de son action, la note précisait le point de vue allemand dans une conclusion qui ne manque pas de clarté. « Le Gouvernement Impérial désire affirmer avec la plus grande énergie qu'il s'agit d'un conflit dans lequel l'Autriche-Hongrie et la Serbie seules sont intéressées et que les Grandes Puissances doivent s'efforcer de le limiter à ces deux Puissances. Le Gouvernement Impérial désire la localisation du conflit parce que l'intervention d'une autre Puissance pourrait amener, en raison des alliances, des conséquences incalculables '. » Tandis que l'Angleterre prépare une intervention des Puissances, l'Allemagne prend position pour le principe de la localisation du conflit qui était particulièrement favorable aux intérêts de PAutrichc ; et elle cherche à imposer ce principe par

1. Great Br., doc. 9.— Germa.n Whiie Book, doc. 1. — Livre Jaune, doc. 28.

la menace voilée, mais déjà assez claire, contenue dans l'allusion aux «conséquences incalculables». Il n'est pas difficile de deviner son but ; paralyser par les menaces les puissances de la Triple Entente tandis que l'Autriche agirait. L'Autriche- Hongrie, au contraire, cherche à rassurer la Russie par des promesses. Le 24, le comte Berchtold a une conversation très cordiale avec le charge d'affaires de Russie à Vienne; et il lui déclare que l'Autriche-Ilongrie ne se propose en aucune manière de prendre des territoires serbes ou d'altérer Téquilibre des Balkans, mais qu'il désire seulement en finir avec les intrigues de la Serbie '. 11 fait même davantage : il charge l'ambassadeur à Londres de dire à Sire Ed. Grey, en choisissant le bon moment, que — je traduis le texte de la dépêche — « la note présentée hier à Belgrade ne doit pas être considérée comme un iillimalum^ mais comme une note exigeant une réponse dans un délai déterminé. Votre Excellence voudra faire savoir à Sir Ed. Grey, en secret, que si la réponse n'est pas satisfaisante, l' Autriche-Hongrie se bornera pour le moment à rompre les rapports diplomatiques et à commencer les préparatifs militaires nécessaires '' ».

11 ne semble pourtant pas que ni les menaces voilées de la note allemande, ni les déclarations rassurantes du comte Berchtold, aient produit, le

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