DIVISION DE RÉSERVE DE CAVALERIE
1” brigade : Régiments de Nice et Royal-Piémont.
2' brigade : Régiments de Savoie et Gênes.
Brigade d’artillerie : l” et 2' batteries à cheval du 5* régiment.
RÉSERVE GÉNÉRALE d’aRTILLERIE.
13' et 14' batteries du 5' ; 13', 14', 15' et IG' du G'; 13', 14®, 15® et IG' du 8' régiment.
Les Régiments d'infanterie sont numérotés de 1 à 72 ; en outre, il y a six régiments de grenadiers. Chaque régiment d’infanterie doit avoir sur le pied de guerre trois bataillons actifs à six compagnies, et un bataillon de dépôt; en tout, 109 olliciers, 050 sousofliciers, 360 soldats de première classe, 1872 soldats de seconde classe, par conséquent un effectif total de 2991 hommes. Les quatre régiments d'une division forment donc un total de 11,964 hommes.
Les bataillons de bersagliers sont portés au nombre de 30; plus six bataillons de dépôt. Chaque groupe de six bataillons actifs, avec un bataillon de dépôt, forme un corps spécial à la tète duquel se trouve un colonel remplissant les fonctions de commandant du corps des bersagliers sous la précédente organisation. Un corps semblable a un effectif de 141 olliciers, 208 sous-officiers, 208 trompettes et 3000 hommes; en tout, 3560 hommes.
Chaque régiment de cavalerie doit avoir six escadrons actifs et un escadron de dépôt; savoir: 41 officiers, 205 sous-officiers, 672 cavaliers, soit 918 hommes, avec 682 chevaux de selle et 56 chevaux de trait. Le régiment des guides compte sept escadrons actifs avec 44 officiers, 236 sous-officiers, 784 cavaliers; en tout, 1064 hommes, avec 790 chevaux de selle et 28 chevaux de trait.
L’artillerie doit se composer d’un régiment d’ouvriers, de trois régiments de position (forteresses), de quatre régiments de campagne (u°* 5 à 8), et d’un régiment de pontonniers; l’effectif total est de 840 officiers, 5860 sous-o'fficiers, 430 pontonniers de première classe, 1140 pontonniers de seconde classe, 5825 canonniers de première classe, 11,250 canonniers de seconde classe, soit 25,3-40 hommes, avec 7860 chevaux de troupe et 200 mulets. Un comité d’artillerie et l'état-major général de l’artillerie doivent être ajoutés à cet état.
Le génie se compose d’un comité du génie, de dix directeurs du génie et de deux régiments de sapeurs; chaque régiment est formé de trois bataillons actifs à six compagnies, et d’un bataillon de dépôt à trois compagnies, avec 105 officiers, 558 sous-offlciers, 180 ouvriers de première classe, 360 ouvriers de seconde classe, et 1800 sapeurs. Tout le génie se compose de 6369 hommes. Les dix directions sont les suivantes :
!• Alexandrie, sous-directions : Alexandrie, Casale, Pavie,
di Parchi.
2° Milan, ► Milan et Côme.
3° Parme, > Parme, Plaisance, Modèue.
Bologne, » Bologne, Rimini.
5" Turin. > Turin et Cuneo.
6” Brescia, > Brescia et Crémone.
I" Gtïnes, • Galles et la Spezzia.
8° Florence, • Florence, Livourne, Pérouse.
9“ Ancône.
10“ Sardaigne, > Cagliari et Sassari.
Le train est réparti en trois régiments dont les états-majors sont à Turin, à Bologne et à Naples; chaque régiment compte 84 officiers, 493 sous-offiriers , selliers, charrons et autres ouvriers, 180 soldats de première classe, et 2313 soldats de .seconde classe : 9240 hommes pour tout le corps du train.
Le corps des carabiniers royaux (gendarmerie) est divisé en 14 légions avec un effectif total de 503 officiers, 3868 sous-officiers, 13,078 carabiniers et 1012 élèves; en tout, 18,461 hommes; 4468 sous-officiers et soldats sont montés, le reste à pied.
L’état-major général devrait se composer de 210 officiers (10 colonels, 20 lieutenants-colonels, 28 majors, 92 capitaines, 60 premiers lieutenants et 40 élèves, ces derniers lieutenants et souslieutenants de l’armée).
Tout compté, l’ensemble de ces forces fournirait donc à l’Italie une armée d’une force totale de 303,048 hommes sur le pied de guerre. Cela est bien loin d'être assez pour l’Italie tout entière, et cependant au printemps de 1861 cet effectif était loin d’être encore complètement organisé. L’Italie, à cette époque, avait tout au plus 180,000 hommes bien encadrés à mettre en ligne, c’està-dire un pour cent de sa population senlement. Les noms qui désignent les brigades suffisent, en outre, à faire juger de quelle manière peu équitable les charges militaires, an point de vue du contingent à fournir à l’armée, sont réparties dans ce projet.
11 n’est pas sans intérêt de les grouper à ce point de vue ; voici le résultat auquel nous arrivons ainsi ;
Les provinces sardes de terre ferme fournissent neuf brigades :
Piémont, Aoste, Cuneo, Pignerol, Casale, Acqui, Reine, Savoie et Roi ; nie de Sardaigne en fournit une, Iqs grenadiers de Sardaigne.
La Lombardie, sepi : Alpes, Brescia, Crémone, Pavie, Côme, Bergame, grenadiers lombards.
Les anciens Etats du pape, six : Ravenne, Ferrare, Marches, Forli, Bologne, Ombrie.
La Toscane, quatre : Livourne, Sienne, Pise, Pistoie.
Parme, une : Parme.
Modène, deux: Reggio, Modène.
Naples et Sicile, quatre: Abmzzes, Calabre, grenadiers de Naples, et Sicile.
Le royaume de Victor-Emmanuel, après l’annexion de l’Italie centrale, cl la déduction de Nice et de la Savoie, comptait 11,1 n,54" habitants ; et fournil 28 brigades, c’est donc une brigade pour iOO, 000 (Militants. L'Ombrie et les Marches avec 1,310,000 habitants, en fournissent deux, c’est-ù-dire une pour 055,000 AoWtant« ; enfin l’Italie dh Sud avec 9,111,000 ômes, ne fournit que quatre brigades, c’est-à-dire une pour 2,280,000 habitants I Une si singulière répartition peut donner beaucoup à penser, et quelque soupçon pourrait venir que le ministère Cavour n’a jamais compté sérieusemeul pouvoir garder l’Italie méridionale.
Non-.seulemenl les procédés du gouvernement à l'égard de l'armée du Sud, mais aussi l'état incomplet et défectueux dans lequel il voyait qu’on laissait l'armement de l'ilalie, appelèrent Garibaldi dans le sein du Parlement, à Turin, et il y déclara ouvertement son hostilité avec Cavour. Il a été depuis beaucoup question de réconciliation entre ces deux hommes; mais comment celte réconciliation eût-elle été possible ? Aussi longtemps que Cavour était aux affaires, Garibaldi pouvait tout au plus, lassé par les importunités des médiateurs officieux qui désiraient se faire bienvenir du président du Conseil, leur dire : Au nom du ciel laissez-moi en repos et ne vous donnez point tant de fatigues ; je sais que maintenant je ne puis pas faire ce que je veux ; par conséquent je laisse le terrain à Cavour, et je m’en vais à Caprera. — Et ce fut effectivement à cela que se bornèrent ces réconciliations dont on a fait tant de bruit. Le tombeau qui recouvre aujourd'hui le comte Cavour a seul réellement apporté la paix entre eux ; mais
nos lectears savent assez que le parti cavourien n'est pas mort avec son chef. «
Garibaldi présenta an Parlement le projet de loi suivant pour l'armement général, qui était constamment le but de toutes ses pensées :
Art. 1 . L'organisation de la garde nationale, telle qu'elle existe dans les anciennes provinces, est étendue au royaume tout entier.
Art. 2. Les corps de la garde nationale détachés pour le service de guerre' reçoivent la désignation de garde mobile : ces corps sont formés en divisions, conformément aux règlements d'organisation de l'armée.
Art. 3. Tous les habitants du royaume de 18 à 35 ans sont appelés à faire partie de la garde mobile.
Art. 4. Armement, habillement, équipement, chevaux et matériel de guerre, tout est fourni à la garde mobile, exclusivement aux frais de l'Etat.
Art. 5. Le contingent de la garde mobile est réparti dans les provinces et les districts proportionnellement au chiffre de la population ; sa mise sur pied a lieu d’après les principes de la loi sur le recrutement et des antres lois en vigueur ; le temps de service est réglé d'après l’art. 8 de la loi du 2" février 1859.
Art. 6. Sont exemptés de la garde mobile :
a) Ceux qui servent déjà dans l'armée ou dans la flotte. .
b) Ceux qui ont été reconnus impropres an service, conformément aux règlements.
c) Les fils uniques et les fils aînés ou, là où il n'y a pas d'enfants, les petits-enfants d'une grand'mère veuve, ou d'un grandpère veuf et âgés de plus de soixante ans ; les aînés de famille qui n'ont plus ni père, ni mère, etc., etc.
Art. 7. La garde mobile an service actif est soumise aux lois et à la discipline militaire.
Art. 8. Un crédit de 30 millions de francs est ouvert au ministère de l'intérieur pour l'armement de la garde nationale dans tout le royaume.
Ce projet de loi fut pris en considération par le Parlement et fut adopté avec quelques limitations et mutilations.
Od voit qae Garibaldi avait beanconp plus eu vue la créatiou d’une force armée considérable immédiate qu’une organisation permanente de l’armée italienne en général sur des bases nouvelles et plus convenables pour l’Italie. Avec le temps on ne pourra d’ailleurs faire autrement que de songer à cette organisation, lorsque Tunité de l’Ilalie, et surtout l’union du sud avec le nord sous le sceptre de Victor-Emmanuel seront une fois établies sur des fondements suffisamment solides.
Nous terminons ici ce volume sans oser espérer que nous ayons clos en même temps l’histoire de la guerre d’indépendance et d’unité de l’Italie.
Si nous n’avons pas réussi, malgré tout notre désir, trouver et ù dire sur tous les points la vérité que nous avons cherchée, nous pouvons du moins nous rendre le témoignage d’avoir fait tous nos efforts pour ne tenir compte que de cette vérité seule.