UNE ALLOCUTION À LORD K1TCHENER
Le ministre de la guerre français avait parcouru avec son Collègue britannique le front français.
Le mardi 17 août 1915, à Bar-le-Duc, à la fin de cette tournée, M. Millerand adressait au Maréchal Kitchener ces paroles où il dénonçait publiquement les manœuvres allemandes à l'intérieur, dont nous avons depuis lors appris le criminel et redoutable développement.
Monsieur le Maréchal,
Au moment où se termine votre visite à nos armées, je veux vous remercier en leur nom du plaisir et de l'honneur que vous leur avez faits.
Les témoignages réitérés d'admiration et de confiance dont, au cours de ces deux journées, nous avons été heureux, le général Joffre et moi, de recueillir l'expression de votre bouche, seront pour elles une récompense et un encouragement.
Aussi bien, j'ai la fierté de le proclamer, il n'est qu'une voix pour les louer. L'ennemi lui-même, instruit par une année de guerre, ne se flatte plus de l'illusion d'en triompher.
Ce n'est plus seulement sur le champ de bataille qu'il paraît vouloir chercher le succès. Saisissant et grossissant des incidents éphémères, il prédit