‹ La guerre sur le DanubeChapitre 78 sur 232 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

villes, Tantagonisme lurco-bulgare se manifestait par des excès comparables à ceux dont les récits amplifiés avaient soulevé Topinion de TEurope contre les sectateurs de rislam. Aucune différence dans les procédés, les mêmes massacres d'innocents, les mêmes incendies, le même pillage. Les Russes, il convient de le reconnaître, ne gardèrent pas longtemps leurs illusions. Ils connurent bientôt leurs frères bulgares et s'exprimèrent désormais, sur leur compte, en termes assez sévères.

L'instant critique, c'est-à-dire le premier jour de l'occupation, pendant lequel les Turcs auraient pu attaquer en forces les premières troupes débarquées, fut bientôt passé. Dès le lendemain, les éclaireure avaient fouillé les routes assez loin pour permettre à l' étatmajor russe de se considérer comme bien assis sur la rive droite du Danube. Le combat engagé près de Sistova par les premières troupes de passage, avait inspiré une grande confiance au grand-duc Nicolas. En effet, bien que les Turcs eussent été surpris, ils avaient combattu avec une grande opiniâtreté contre des détachements assez faibles, sans pouvoir les repousser. Les généraux russes redoutaient de mettre en pratique la nouvelle manière de combattre en ordre dispersé. Or, 'exemple fourni par le combat de Sistova semblait fait à souhait pour les rassurer et leur donner foi dans l'avenir. A la suite du débarquement improvisé de fractions non constituées et des premiers hasards de l'action, les soldats russes avaient combattu pêle-mêle, sous la con-

heures du matin, aussitôt la nouvelle reçue du passage de Zimnitza, Tévénement n'eût pas été changé. Il y a plus de quarante kilomètres de Nicopoli à Sistova, et ce renfort, trop faible pour reconquérir les positions perdues, ne serait pas arrivé avant deux heures de raprès-midi. Routschouk aurait pu détacher un corps important, mais cette citadelle est à cinquante-six kilomètres de Sistova. Or, le 27 juin au soir, les Russes avaient un corps d'armée tout entier sur la rive bulgare. En effet, la division Sviatopolsk-Mirski avait quitté Piatra, suivant ses instructions, à F heure même où la division Dragomiroff commençait son opération de passage. Elle arriva à son tour dans Tîte, et fut transportée sur la rive droite dans la soirée. Le ix® corps se dirigea ensuite de Piatra vers la rive du fleuve. On commençait le jour même le pont qui devait permettre au reste de l'armée de déboucher sans encombre. Le passage du Danube opéré à Zimnitza n'avait pas coûté de grandes pertes aux Russes. Elles étaient inférieures à 800 hommes. Les ambulances volantes, d'abord installées dans l'île de Zimnitza, et plus tard sur la rive droite du fleuve, rendirent de grands sei'vices. Les premiers convois de blessés furent évacués sur Giurgewo. On établit ensuite de grands hôpitaux sous des tentes, à Zimnitza même.

La flottille de bateaux de toute grandeur, réunie à l'embouchure de l'OIto et dans l'anse de Flamunda, en prévision d'un passage qu'on avait renoncé au

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