‹ La guerre vue d'en bas et d'en hautChapitre 30 sur 94 · PERTES · texte numérisé non relu

PERTES

Historique du service des pertes. — A première vi il semble que l'usure de l'armée française, tués, bless disparus, prisonniers, ait dû être suivie au jour le jo

En fait il n'en a pas été ainsi.

Après chaque action, les corps en campagne adr sent deux états de pertes : l'un numérique, l'autre ] minatif.

L'état numérique est adressé à TE. M. général l'Armée ; il est destiné, autant à provoquer des demanc de renforts qu'à renseigner les chefs sur l'allure de bataille. Cet état est inexact, incomplet, plein de cunes. Quiconque a vécu ces heures sait l'énerverat du combattant lorsqu'il lui faut fournir du papier, capitaine ne connaît même pas toujours ses pertes, compte rendu numérique des pertes, en période d'ac vite, est fatalement faux.

Maisl'étatnominatif, faitlorsquelecorps estaurepc après l'appel individuel, est exact. Sans doute il ^ confusion entre tués, disparus et prisonniers; les ( reurs qui consistent à porter comme prisonnier un ti

comme tué un disparu, finissent par s'équivaloir et quilibrer les unes aux autres.

>s listes de pertes nominatives sont envoyées au Sere de l'état civil du Ministère. Celui-ci les dépouille, m tire des actes de décès ou des actes de disparition. , il est à peine croyable, mais le fait est exact, que Ministère ne connaît pas avec précision le chiffre des ;s, des disparus. Les renseignements sur les morts •ivent par le Corps en campagne, par le dépôt, par famille, par les amis, par des sources multiples et rcrses. Pour chaque renseignement on faisait une lie, ces fiches on ne les comparait pas, on ne les rapochait pas : de là, les doubles emplois fréquents; il y 3U jusqu'à 8 fiches pour le même mort. D'autre part, beaucoup de morts et de disparitions

produisaient sans que le dépôt même les connût. js dépôts n'ont pas ce qu'on appelle leur matricule à ur, c'est-à-dire l'état matriculaire de chaque homme ec ses mutations. L'homme change de Corps ; les utations se chiffrent par centaines de mille sur le Diit; les dépôts souvent les ignorent. Ils sont avertis ! la mort d'un homme qu'ils ne connaissent pas, ils ï sont pas avertis de la mort d'un homme qu'ils coulissent. Les omissions se multiplient en même temps le les doubles emplois. En présence de cette situa- 3n, sur l'initiative de la Sous-Commission des Armeents et du Budget et après le rapport de notre colgue, M. Masse, il a été, à la veille du Comité secret, •éé un service qui a pour but de faire le fichier de nos îrtes. Ce service travaille depuis plusieurs mois avec î personnel de plus de 1.200 hommes et femmes. Il est pas encore arrivé à fournir un chiffre exact. Il ne faudrait pas qu'on le modifie dans ses niéthodes

dans son personnel avant qu'il ne soit arrivé à un

isultat.

Nous ne pouvons donc fournir que des chiffres de

ertes approximatifs.

Pertes totales en morts, prisonniers, disparus. — chillre que nous donnons est le chilire faible. C causes agissent sur lui :

1° Les registres des dépôts de Maubeuge, Long Viontmédj ont disparu intégralement; d'autres Vu ie dépôts des départements envahis ont disparu i tiellement;

2° Les territoriaux G. V. C. n'étaient pas tous sur contrôles;

3*^ Les jeunes classes des régions envahies, actue ment en âge de servir, prisonnières en Allemagne qui ont pu subir quelques pertes du fait de la mauv£ nourriture et d'un régime de travaux forcés, n etai pas immatriculées ;

4° Certains hôpitaux ont négligé d.avertir de le pertes ;

^ 5" Le registre-matricule des dépôts n'a pas être tenu de manière exacte pour les raisons indiqua plus haut. Il en résulte, tantôt que certaines per échappent à certains dépôts, lautôt que certains dép^ ne sont pas en mesure d'identifier les pertes qui 1( sont signalées.

Je sais tel dépôt où, au début de la mobilisation, certain nombre de compagnies sont parties avec état matriculaire incomplet, d'où perte de la trace quelque deux cents homuies.

Puis il est arrivé 6oo réfugiés du Nord non imraaf cules; le lendemain ils partaient en renfort; on n'a mais pu établir leur identité.

Le nivellement entre les divers dépôts a été u nouvelle et grosse source d'erreurs.

Enfin, le plan 17 avait provoqué une modification d tascicules de mobilisation; ce travail n'était pas t( mine : nouvelle source d'erreurs.

Pour ce seul dépôt, i.5oo hommes de troupe y o passé qui ne sont portés sur aucune liste.

Ily a plus de 3oo dépôts.

On peut, donc pressentir la masse considérable lommes sur laquelle peuvent porter les omissions is services du Ministère.

Porte-t-elle sur 200.000 hommes, sur 400.000 homes? Nul ne le sait.

Ces cinq causes d'erreurs font que 1 on peut tenir )ur faibles les chiffres qui nous ont été tournis et le nous allons reproduire.

Au surplus le Ministère, en nous fournissant les îrtesàla date du 1'^ septembre 1916, a-t-il eu soin 3 nous avertir que ce chiffre était « approximatit ». ^ Voyons le tableau des pertes tel qu'il nousaétedonne ar le Ministère au 1" septembre.

Additionnons i.o^i.ooo morts sur le terrain, disarus et prisonniers, à 91.000 morts dans les torlations sanitaires et hôpitaux de la zone des armées t à 64.000 morts dans les hôpitaux de la zone mteieure, nous avons un total de i.i9r3.ooo morts, disarus et prisonniers.

Le chiffre des prisonniers identifiés par le service les prisonniers du Ministère est de 820.000. Sousravons-le, il nous reste un total de 876.000 morts et iisparus présumés morts à la date du 1- septem-

)re 1916.

Si nous admettons que ces chiffres sont faibles, nous )ouvons conclure que nos tués évoluent dans 1 ordre le grandeur de 900.000 à la date du 1" septembre 191b.

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