‹ La guerre vue d'en bas et d'en hautChapitre 44 sur 94 · EFFECTIFS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

EFFECTIFS FRANÇAIS

Usure. — L'usure de nos effectifs est fonction de )tre politique militaire.

L'étude des variations de pertes définitives dans les inées précédentes est à cet égard un enseignement. Le taux des pertes définitives imputables aux opérams de guerre, c'est-à-dire le rapport de la moyenne ensuelle des pertes à l'effectif moyen entretenu, a is successivement, selon le Ministère de la Guerre, s valeurs suivantes :

En 1914 (Bataille de Charleroi, prise de Maubeuge, itaille de la Marne, poursuite après la Marne, course la mer, bataille de l'Yser) le pourcentage des pertes tfinitives a été de 5,4i p. loo;

Pendant le premier semestre de 1916 (première Pensive de Champagne, offensive de Woëvre, attaques lies sur des fils de fer intacts en Alsace, au Bois Ailly, au bois Le Prêtre, aux Éparges, en Argonne et T tout le front) le pourcentage des pertes a été de 39 p. 100;

Pendant le deuxième trimestre de 1916 (deuxième taque d'Artois sans préparation suffisante d'artillej, attaque de Champagne), le pourcentage des pertes Hé de 1,68 p. 100 ;

Pendant le premier semestre de 1916, l'influence du irlement commence à se faire sentir; les attaques parités cessent. Malgré la ruée allemande sur Verdun et nécessité de tenir sans organisations défensives sufantes, le taux des pertes s'abaisse à 1,47 p. 100; Pendant le deuxième semestre de 1916, malgré continuation regrettable d'une offensive qui, sur Somme, avait dès le mois d'août donné tous ses

résultats, le taux des pertes descend à 1,28 p. 10

Les chefs commencent à se sentir responsables d pertes subies. Le matériel d'attaque est plus puissan la guerre s'apprend, les pertes diminuent.

Ce lableau montre que l'usure de l'armée engage responsabilité du Haut Commandement, du Gouvern ment et des Chambres vis-à-vis du pays.

L'offensive de l'Aisne et les contre-coups qui To suivie pèseront sur les semestres de 1910.

Mais si les opérations se ralentissent, nous pouvo prévoir que le taux des pertes du premier semestre 1917 sera en décroissance sur le taux des pertes < premier semestre de 1916.

En effet, les pertes dans les armées qui ne sont pas eng gées sont Jaibles. Elles se traduisent par quelques ce taines d'hommes.

Besoins. — Dans l'hypothèse où notre front rester! de même étendue, nos besoins seront donc de 100.0 hommes par mois si l'ennemi mène une opération an logue à celle de Verdun.

De 82.000 hommes par mois si nous conduisons d otTensives aussi coûteuses que celles de la Somme.

D'une soixantaine de milliers d'hommes par mois nous restons dans une situation passive.

A chacune de ces hypothèses correspond une vari tion de pertes définitives imputables aux opérations une variation des récupérations à prévoir.

l" semest.

Moyenne mensuelle . .

Pertes imputables aux

opérations 48.000

Récupérations mensuelles

correspondantes . . . 37.000

2' semest.

Période oct. Il à mars 19

Ressources. — Quelles sont nos ressources? Jusqu l'appel de la classe 19 elles sont d'environ 38o. 000 cor

ËFt'ECTIFS DES AftMEES BELLIGERANTES

Ltanls, la plupart non encore mobilisables et de 000 hommes du service auxiliaire.

5elon l'usure découlant de nos opérations militaires, us pourrons entretenir les armées du Nprd-Est et de rient sans accroissement ni diminution pendant Qois, pendant 9 mois, ou pendant 11 mois. Jans la première hypothèse, nos ressources seraient îes en novembre 1917, dans la seconde en janvier 1918 dans la troisième en mars 1918.

3r, les opérations de ces 6 dernières semaines ont dé- •sé Thypothèse moyenne envisagée et tendent à se )procher d'une moyenne mensuelle de 100.000 homis par mois.

Si la politique du Gouvernement est de durer, il faut il mette fm aux opérations en cours. La réaction 3mandenousa, en effet, dans les 10 premiers jours du >is de mai, coûté une trentaine de milliers d'hommes. .nfanterie. — Les effectifs de l'infanterie des armées iNord-Est, active réserve et territoriale, ont depuis 1*"" janvier 1916, sans cesse diminué dans une prortion assez faible.

1^"^ janvier 1916.

lei" avril 1916.

1" juillet 1916.

l''" octobre 1916.

!«'• janvier 1917.

l^Mnai 1917 .

d'est l'infanterie qui continue à souffrir plus que

ite autre arme. Ses pertes sont les neuf dixièmes des

rtes totales. Les neuf-dixièmes du renfort mensuel

•vent à les combler.

[Jes pertes sont subies par les classes de 1900 à 1916

3sque exclusivement.

Les classes de territoriale, antérieures à 1900, four-

jsent environ le vingt-cinqaième du total des pertes.

Les classes de 1900 à 1908, 4,5 P- 100 du total des

pertes et les jeunes classes de 1909 à 1916 fournisseï D,2 p. 100 du total des pertes.

Mais si l'infanterie a diminué numériquement s force offensive s'est accrue, sa force défensive s'ei encore accrue davantage.

L accroissement des compagnies de mitrailleuses, ] création des fusils mitrailleurs, augmentent la puii sance des barrages d'infanterie.

La division à 3 régiments avec 3 bataillons de 3 con pagnies a une force ofl'ensive et surtout défensive égal à la division de 1914 à 4 régiments avec 3 bataillons d 4 compagnies.

Conclusions. — Cet exposé confirme une fois de plu la nécessité militaire où nous sommes de soulager Tel fort du pays s'il doit se prolonger.

C'est pourquoi nous allons successivement étudie s'il est possible d'accroître le rendement de nos colonie et si nous pouvons légitimement espérer trouver che nos alliés un supplément de ressources.

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