‹ La guerre vue d'en bas et d'en hautChapitre 49 sur 94 · ^gg · texte numérisé non relu

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127 km.

Hommes

Janv.

Avr.

131 km.

138 km

Gomment se fait-il pourtant que pendant la mêm période la' densité des troupes anglaises crût d 6.600 hommes au kilomètre à 11.000 hommes au kilo mètre? Aucune raison stratégique ou tactique ne l'es plique.

La cause en est moins anglaise que française. Notr Gouvernement n'a pas traité ces questions de gouverne ment à gouvernement et le G. Q. G., pour ne pas di mmuer l'importance apparente de ses attributions, n, pas voulu sérieusement que l'armée anglaise s'étend( proportionnellement à ses forces. Il y a eu ainsi un* sorte de complicité des Anglais qui voulaient gardei leurs aises et du G. Q. G. français qui voulait gardei son commandement.

Ligne de démarcation idéale des deux armées. - L'armée française est à un point d'usure telle qu'iJ faut que l'égalité d'efforts s'établisse entre les deux armées.

La Commission de l'Armée de la Chambre a l'honneur d'avoir soulevé la question. Nous lui proposons de rechercher la solution idéale vers laquelle devrait tendre les efforts de notre Gouvernement.

Nous allons rechercher par les mêmes procédés que tout à l'heure, à combien de kilomètres se fixerait la répartition équitable des fronts français et anglais.

Le calcul fait en comparant le chiffre des deux armées dans la zone des armées, donne 270 kilomètres aux Anglais et 435 aux Français.

Le calcul fait en ne tenant compte que des combattants des deux armées, donne 269 kilomètres aux Anglais et 442 kilomètres aux Français.

Le calcul fait en ne tenant compte que du nombre des divisions, donne 258 kilomètres aux Anglais et 453 aux Français.

Ainsi les Anglais devraient tenir un front de 260 è 275 kilomètres et les Français devraient tenir un fron de 435 à 45o kilomètres.

Le Jront actuel est de 138 kilomètres pour les Anglais

de 57U kilomètres pour les Français.

V extension du Jront anglais devrait donc être de 120 à

*5 kilomètres.

Objections anglaises. — Nos alliés seront peut-être

irpris par nos demandes. C'est- l'inconvénient d'un

op long silence. On a peur de récriminer. On craint

î réclamer. Il faut se faire une réputation de diplo-

ate et la réputation de diplomate ce sont ceux avec

li l'on cause qui vous la font. Ainsi s'accumule une

»mme de réclamations, qui soudain surgissent. C'est

: cas.

On a malheureusement persuadé à Topinion anglaise le nous étions satisfaits de l'effort britannique et que ;lui-ci suffisait. Quelle que soit sa bonne volonté le ouvernement anglais s'accrochera à quelques faux 'guments que lui suggérera son Etat-Major.

lia été si longtemps dans les habitudes du Gouvernelent français de s'incliner devant des arguments d'apirence technique qu'il ne faudrait pas qu'il retombe ans ce travers.

L'E.-M. anglais fera en premier lieu valoir qu'il ne eut pas assurer la défense de ce secteur avec des forces iluées.

Le Gouvernement français aura à faire comprendre u'il peut encore moins assurer la continuation de la uerre et un quatrième hiver si son effort n'est pas 3ulagé.

Au surplus, la puissance des organisations défensives t la puissance défensive du feu semblent suffisamment émontrer qu'il n'est pas nécessaire que l'armée anglaise ompte 8 combattants au mètre courant quand l'armée ^ançaise n'en compte que 3 et que l'armée allemande 'en compte que 2 et demi.

Si d'ailleurs l'armée anglaise doutait de ses facultés e résistance, une solution d'ordre tactique se présenteait : l'amalgame, soit par armée soit par corps d'armée,

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afin d avoir en cas de rupture des réserves françaises proximité.

Nous ne croyons pas que cet argument puisse ten devant une discussion serrée.

Reste un second argument : la presse anglaise a n pandu le bruit que Tarmée anglaise retenait devant el autant et plus de divisions allemandes que l'armée frai çaise. On a même laissé des journaux français Timpr mer. Aucune rectification n'est intervenue'malgré U réclamations de la Commission de TArmée. Le Goi vernement a laissé s'accrédiler cette légende Je sai de bonne source que le G. Q. G., il y a 3 mois, 1' même confirmée à des journalistes français. La Con mission n'a pas une confiance excessive dans les stf tistiques des 2^ bureaux, néanmoins il n'y a pas d raisons pour que les statistiques du G. O. G. soier moins exactes que les statistiques anglaises.

Or une note du G. O. G. me donne les chiffres sui vants :

Le nombre des divisions allemandes sur le front oc cidentalétaità la date du TMiovembre 1916 :

Front britannique (jusqu'à la Somme) ... 37 divisions

Front français gg

En arripre du front occidental. . . . . . 2* —

129" — A la date du l^^mars 4917 : front britannique

(jusqu'à la route Montdidier-Roye) ... 47

Front français .' , g2

En arrière du front occidental 30

A la date du 24 mai 1917 : front britannique

(jusqu'à Saint-Quentin) ....... 42

Front français 74,

En arrière du front occidental .39

155 divisions Il ressort de ces chiffres que le gros des divisions al-

jinandes a, comme il est naturel, .toujours été sur le •ont français.

Au surplus, si sur ce |3oint quelques contestations élevaient, le Gouvernement pourrait en profiter pour emander la constitution d'un 2" bureau commun, remière amorce de l'État-Major interallié.

Conclusions. —Si le front ans^lais était étendu selon n"principë"dré'quité, 120 à 135 kilomètres seraient libérés. [ raison de 5 kilomètres par division, l'armée française oiirrait relever de 2U à 21 divisions.

2U a 21 divisions sur 109 divisions cest le IIU des diisions françaises. Si ce but était atteint par une diploaatie qui ne croirait pas manquer de courtoisie en tant énergique et véridique, toutes les questions d'efectifs seraient résolues.

Le jeu des relèves serait facilité, les permissions >ourraient être accrues ; certaines classes pourraient itre rendues à la terre; la crise économique serait aténuée ; la crise morale serait conjurée. On pourrait envisager un quatrième hiver de guerre.

CONCLUSIONS GÉNÉRALES

Nul ne peut savoir quand interviendra un armistice 3t quand interviendra la paix. La guerre peut être Longue encore : il faut faire comme si elle devait durer an hiver, deux hivers.

L'Amérique et les Etats-Unis ont donné à la guerre son véritable sens. C'est une croisade démocratique, mais il n'y aurait pire illusion que de croire qu'en s'idéalisant les buts de guerre se rapprochent.

Pour la Prusse, renoncer à l'esprit de conquête c'est renoncer à sa structure intime.

Les démocraties française, russe, italienne, anglaise,

américaine, ne conquerronl leur droit à une paix di rable que si elles mettent la force au service de a idéal.

Militairement, la force c'est l'unité d'action et l'unil d'action c'est la mise en commun des effectifs.

Jusqu'à l'arrivée de l'Amérique, il faut donc que 1 France tienne; elle ne peut tenir que par une plu large coopération des effectifs anglais.

L'état de nos ressources, est de 4oo.ooo hommes ( c'est tout.

L'appoint de nos colonies est infime. Il est trop tar pour qu'elles puissent fournir davantage.

Or, la lassitude gagne l'armée française. C'est 1 cœur saignant que je suis obligé de dire à la Commis sion qu'il est un régiment qui s'est révolté, que dan plusieurs corps des gendarmes ont été pendus, qu dans les trains de permissionnaires on chante o'uver tement l'Internationale.

Si cet état moral subsiste et s'aggrave, commen imposerez-vous à l'armée un quatrième hiver? Et s l'ennemi sait que vous ne pouvez pas le lui imposer sur quelles bases désastreuses traiterez-vous?

Cette crise morale peut être encore conjurée. Elle î pour cause l'absence de toute pohtique d'effectif; pendant trois ans de la part de notre Gouvernement

Les effectifs n'ont pas été défendus contre le Com mandement. Ils ne l'ont pas été contre les Alliés.

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