Mémoires secrets, vol XI
3. Le Vol plus haut ou l'Espion des principaux théâtres de la Capitale, Memphis, chez Sincère réfugié au Puits de la Vérité, 1784.
mard sort de chez moi où elle était venue pour me parler de Nivelon, pour lui obtenir la place de premier sujet à l'Opéra avec vingt mille livres sur le Roi, afin de faire rompre un engagement de quatre mois qu'il avait avec l'Angleterre. » Mlle Guimard trouvant la proposition toute simple, et pressant M. de la Ferté d'écrire à ce sujet au ministre, et déclarant que c'était un sujet très essentiel à l'Opéra, et qu'elle ne saurait plus avec qui danser, et laissant clairement voir à M. de la Ferté qu'elle aimait beaucoup mieux danser avec Nivelon qu'avec Vestris.
Et l'intérêt tendre de la Guimard, plus tard, nous le trouvons tout à fait accusé dans ses lettres de Londres à ses correspondants, Perregaux, de la Ferté, Desentelles, où le nom de l'homme qu'elle continue à protéger revient sans cesse.
Ici, elle demande à M. de la Ferté de le garder tout le mois de juin 1784, parce que, indépendamment des services qu'il lui rend, elle a appris que quelques mauvaises têtes de la cour avaient l'intention de le rosser. (Est-ce une suite à son aventure du Bois de Boulogne?) Là, dans une autre lettre à son bon petit ami, elle se porte maternellement garant de l'assagissement de Nivelon, assurant qu'il se met à la raison1, et
1. Lettre de la collection du catalogue d'Henneville, vendue le 23 février 1858.
toujours tendrement il est parlé de lui dans d'autres lettres encore.
Enfin, comme le plus probant témoignage d'une liaison entre les deux coryphées de la danse : c'est le legs du voluptueux buste en marbre de la Guimard, qu'on voyait à TOpéra, le legs qu'en a fait Nivelon par son testament.