AURORE
— Un matin, j'ai éveillé l'aube d été.
— Le tintlnnabulement fou Des angélus et des clarines Traverse l'aube et ses bruines ;
— 0 pâle amie, où êtes-vous ?
Messagères de l'aube grise Glissent les nymphes et les brises, M'investissant d'un lent émoi ;
— Pensez-vous, pâle amie, à moi ?
De frêles lueurs indécises L'horizon rosit et s'irise ; L'astre jaillit : vive le roi !
— Pensez-vous, pâle amie, à moi ?
Il écartèle les clairières.
Il transperce prés et bruyères
De jets d'amour profonds et doux ;
— 0 pâle amie, oii êtes-vous ?