MATUTINA
— Gaspard Hauser chante.
— Que veille en quelque ciel, fée et matutinale,
Etoile inconnue, L'être par qui pleuvra l'aurore sororale
Tant attendue ;
Qui dans l'ombre où la fleur se crispe et se dérobe.
Sans geste, sans mots.
Glisse, ensevelissant sous l'orbe de sa robe
Tous deuils, tous maux ;
Flamme et femme, ici, là, ma fille et ma fidèle
Et ma grande sœur, Et que je vive en elle et vive parmi elle.
Soleil, douceur !
Par qui, lavé des baisers de la foule, honte.
Honte, front recuit.
Une aube sur mes soirs, rythme et lumière, monte.
Sans fin, sans bruit !