SOIR DE NOCES
— En revenant de noces J'étais bien fatiguée.
— Ame et chair je t'ai pressentie A travers tes cuirasses claires ; Ton bras, miraculeuse chair, Ma main osa, et l'a pétri ;
Et mes lèvres pétri tes lèvres, Ma fièvre soutiré tes fièvres.
Mes yeux bu au lac de tes yeux.
Mes cheveux mêlé tes cheveux ;
Mon flanc s'écoutait, oh pardonne !
Entendre ton ventre sacré.
Et lui-même qui s abandonne.
Je pressens qu'il a pardonné.
Je baisais ton front saintement.
Comme une mère son enfant ;
D'autres baisers, hordes de loups, S'enhardirent jusqu'à ton cou ;
Il est de plus âpres ivresses
Où cœurs, où corps, meurent, renaissent.
Où tant aigu est le plaisir
Qu'on croirait qu'on en va mourir ;
Près d'elles celles-ci ne sont Que folies d'enfants fanfarons ; Et nous les épuiserons toutes.
Et par torrents, et goutte à goutte.
Et demeurés chastes toujours Par la ferveur de notre amour.
Ces prouesses aventureuses * Ne seront pas tant précieuses
Que ce bref éclair d'un bonheur Si fort qu'y défaillent nos cœurs.
Quand à travers le tissu clair.
Je t'ai pressentie âme et chair !