‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 55 sur 80 · SOIR DE NOCES · texte numérisé non relu

SOIR DE NOCES

— En revenant de noces J'étais bien fatiguée.

— Ame et chair je t'ai pressentie A travers tes cuirasses claires ; Ton bras, miraculeuse chair, Ma main osa, et l'a pétri ;

Et mes lèvres pétri tes lèvres, Ma fièvre soutiré tes fièvres.

Mes yeux bu au lac de tes yeux.

Mes cheveux mêlé tes cheveux ;

Mon flanc s'écoutait, oh pardonne !

Entendre ton ventre sacré.

Et lui-même qui s abandonne.

Je pressens qu'il a pardonné.

Je baisais ton front saintement.

Comme une mère son enfant ;

D'autres baisers, hordes de loups, S'enhardirent jusqu'à ton cou ;

Il est de plus âpres ivresses

Où cœurs, où corps, meurent, renaissent.

Où tant aigu est le plaisir

Qu'on croirait qu'on en va mourir ;

Près d'elles celles-ci ne sont Que folies d'enfants fanfarons ; Et nous les épuiserons toutes.

Et par torrents, et goutte à goutte.

Et demeurés chastes toujours Par la ferveur de notre amour.

Ces prouesses aventureuses * Ne seront pas tant précieuses

Que ce bref éclair d'un bonheur Si fort qu'y défaillent nos cœurs.

Quand à travers le tissu clair.

Je t'ai pressentie âme et chair !

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