‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 6 sur 80 · AME SENTINELLE · texte numérisé non relu

AME SENTINELLE

— Elle est retrouvée Quoi ? l'éternité !

— Toutes Muses me sont cousinei

Toute Muse avec Mnémosyne

Veut enrichir en tous objets

Mon inépuisable gésine

D'un infini de fols projets.

Et tout tourne dans mon usine ;

Des drames j'ai, des opéras, Toutes absurdités logiques, De l'inouïsme à tour de bras, Tous les vertiges héroïques Et tous les abracadabras ;

J'ai l'opale et l'aventurine.

Le lion rouge et le cristal.

Le dragon vert, l'aigue-marine.

Et pour le sacre nuptial

Les mousselines de Bengale ;

J'ai mes extases à revendre, De bleus mensonges cousus d'or, Et dans un temple sous la cendre, L'meffable et profond trésor, De bien plus et bien mieux encor :

Vapeur, auréole.

Avenir sous voiles, Feux avant-coureurs D'une aube qui vient ;

Lac aux profondeurs Fourmillant d'étoiles, S'agite en mon sein L'astre de demain ;

Et peuple ce ciel.

Musique entrevue.

Etoile attendue, La face rêvée ;

Elle est Béatrice Un soir revenue.

Elle est Eurydice Hier retrouvée ;

Pour que s'accomplisse La rédemption Du fils d'ixion Et frère d'Orphée.

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