NOTICE. XXV
plus en cette occasion. La fleur impériale dont il fît choix donna lieu à une allégorie fort spirituelle^ sur laquelle roule toute la finesse de son madrigal '.
En voici l'explication en deux mots :
Le grand Gustave étoit alors au plus haut période de sa gloire, et il en jouissoit sans rivaux, puisque personne ne pouvoit lui disputer celle d'être le plus fameux conquérant de son siècle. Mademoiselle de Kamhouillet, juge très-capable du vrai mérite, ne parlait d'ordinaire de ce prince qu'avec éloge; elle avoit même son portrait dans sa chambre, et disoit toujours qu'elle ne vouloit point d'autre amant que ce héros-.
Cela donna lieu à Chapelain de choisir pour sujet de son madrigal la fleur qu'on nomme impériale, qu'il suppose être Gustave ainsi métamorphosé qui vient lui rendre hommage et lui offrir de la couronner. Voiture, à qui cette fiction avoit sans doute paru très-noble, y fait allusion dans la lettre qu'il écrivit à mademoiselle de Kambouillety, au nom du roi de Suède., et qui commence : Voicy le lion du Nord, etc.
d'Olivet, Histoire de l'Académie française; Guizot, Corneille et son temps. Paris, Didier, nouvelle édition, 1866/