NOTICE. XXVII
écrit de sa main et les madrigaux et la table des auteurs.
Afin que rien ne manquât à embellir cet ouvrage, il fut relie par le Gascon, qui navoit pas d'égal en son art, et enrichi par le dehors et le dedans des chiffres de Julie-Lucine, afin que l'on sût d'abord à qui il étoit '.
Tant que madame de Montausier a vécu, elle a conservé précieusement ce gage de la politesse et de l'amour de son niari pour elle. Etant w.orte, M. de Montausier en devint le dépositaire et le montroit avec plaisir à ses amis. De ses mains, il passa en celles de madame la duchesse d'Uzès, sa fille -, qui savoit trop ce qu'il valoit pour ne pas le garderavec soin. Aussi ce ne fut qu'après sa mort que ce livre fut vendu par ses héritiers, comme une pièce qui ne méritoit pas leur attention. Un particulier l'acheta à l'intention de M. Moreau, premier valet de chambre de nionseigneur le duc de Bourgogne, si
I . Ce manuscrit est relié en maroquin rouge, avec filets, et recouvert d'un étui en peau de frangipane ; le chiffre, imprimé en or, est semé sur le maroquin; il est formé des lettres J.-L. (Julie-Lucine), écrites à la fois de gauche à droite et de droite à gauche.
2. Marie-Julie de Sainte-Maure, née vers 1646, mariée en 1664, à Emmanuel de Cr'ussol, duc d'Uzès^ morte le 14 avril 1695. Tallemant des Réaux, dans ses Historiettes, lui a réservé quelques lignes sous ce titre : <■ La petite Montauzier ». Il y raconte très-agréablement les reparties précoces de la jeuneet chère enfant de Julie d'Angennes. La Vie de Montausier que nous avons citée fut écrite par le P. Petit , jésuite , d'après les Mémoires de la duchesse d'Uzès.