SONNET
SUR LA GVIRLANDE DE IVLIE*
Sous ces ombrages verds la nymphe que j'adore, Ce miracle d'amour, ce chef-d'oeuvre des Dieux, Avecque tant déclat vient d'ébloûyr nos yeux, Que Zephire amoureux l'auroit prise pour Flore.
Son teint estoit plus beau que le teint de l'Aurore, Ses yeux estoient plus vifs que le flambeau des Cieux, Et sous ses nobles pas on voyoit en tous lieux Les roses, les jasmins et les oeillets éclore.
Vous qui, pour sa Gvirlande, allez cueillant des fleurs, Nourrissons d'Apollon, favoris des neuf sœurs, Ne les épargnez point pour un si bel ouvrage.
Venez de mille fleurs sa teste couronner :
Sous les pieds de Ivlii: il en naît davantage
Que vos savantes mains n'en peuvent moissonner.
I . Nous signalons l'analogie qui existe entre ce sonnet et celui de Voiture, qui débute ainsi :
Sous un habit de fleurs, la nymphe que j'adore, etc.
Voyez l'édition de Voiture donnée par A. Ubicini, Paris, Charpentier, t. II, p. 309.)