VI NOTICE
noître à tous ceux qui l'approchoient, mais qui ne se peuvent exprimer. Jamais personne n'a mieux sçû qu'elle conserver 'l'affection de ceux qui étoient le plus mal ensemble, ni être si bien venue chez les ennemis des gens qu'elle venoit de quitter. Rien n'étoit beau sans elle : les maisons qu'elle ne vouloit pas honorer de ses visites étoient désertes et décriées; enfin son approbation seule faisoit valoir ceux qu'elle en jugeoit dignes, et pour bien débuter dans le monde, il falloit avoir l'honneur d'être connu d'elle. »
Ainsi parle Mademoiselle dans la Princesse de Paphlagonie ', et si nous commençons celte Notice par un début digne des Perrault et des Galland, c'est que Julie-Lucine d'Angennes de Rambouillet fut une fée, bonne, gracieuse, spirituelle et presque divine, à laquelle les poètes ses contemporains prodiguèrent avec justice les plus éclatants hommages dus à sa féminine puissance.
Ces éloges enthousiastes dont elle fut l'objet, ces pompeuses métamorphoses dans lesquelles on se plut à transformer ses différents mérites comme pour mieux
I . la Princesse de Paphlagonie, petit roman de Mademoiselle, dont Segrais fut le correcteur. (Voyez Œuvres de Segrais, Amsteidam. 1723, t. II, p. 2 i 3.) On trouve une clef de cette histoire dans le même ouvrage i^t. l", p. 1 Sç). M""^ de Rambouillet y est peinte sous le nom symbolique de la Déesse d'Athènes, et Julie d'Angennes est représentée par la princesse A min te.