‹ La guirlande de JulieChapitre 56 sur 90 · LA VIOLETTE · texte numérisé non relu

LA VIOLETTE

Madrigal.

DE tant de Fleurs par qui la France Peut les yeux et l'ame rauir, Vne seule ne me deuance Au juste soin de te seruir.

Que si la Rose en son partage Fait gloire de quelque auantage Que le Ciel daigne luy donner, Elle a tort d'en estre plus fîére, Tay l'honneur d'estre la première Qiii naisse pour te couronner.

De M. DE Malleville.

^ivr

LES LYS

Madrigal.

MERVEILLE de nos jours, dont les charmes vainqueurs Rauissent les esprits et régnent dans les cœurs, Rare présent du Ciel, adorable Ivlie; Lors que toutes les Fleurs d'vn email précieux Viennent rendre à l'enuy ta Covronne embellie. C'est sur moy que tu dois arrester tes beaux yeux.

De la Revne de l'air ie suis la fleur diuine, Ma blancheur de son lait tire son origine. Il se fait voir encor sur mon teint sans pareil; Et le Dieu dont les loix forment la destinée Veut que le plus grand Roy qu'éclaire le Soleil Ayt de moy seulement la teste couronnée.

Au temple de Thémis ie préside auec luy; Son Throsne glorieux est mon illustre appuy;

La valeur de ce Mars fait pour moy des miracles. Et ie dois espérer que par son bras puissant S'accompliront bien-tôt les célèbres oracles Qui me promettent place au dessus du Croissant.

Mais parmy ces grandeurs, le bruit de ton mérite A me donner à toy si fortement m'jnuite, Que ie veux de ma gloire enrichir ta beauté. En vain toutes les Fleurs, dans leur pompe suprême Se vantent de t'orner d'vn Royal Diadème, Leur plus superbe éclat n'a point de majesté.

Nulle autre que le Lys sans audace n'aspire A te rendre vn honneur qui soit digne de toy : Elles parent ton front, et ie t'offre vn Empire, Puis qu'en te couronnant, ie t'égale à mon Roy.

De M. d'Andilly.

LES LYS •)-

E plus ardent de tous mes vœux 'Est de couronner tes cheueux, Et ie croy, si ie ne me flatte,

Que ie puis aspirer à cet honneur nouueau; Car par moy ton visage est beau,

Et par moy de nos Roys le Diadème éclatte : Mais i'ay plus de gloire cent fois, Et ie tire plus d'auantage D'éclatter dessus ton visage Que dessus la teste des Roys.

De M. le marquis de Montausiep

— So-

les LYS '6.

Madrigal.

EÇOY les Lys que ie te donne , .Pour en former vne Couronne Par qui ton pouuoir soit dépeint; C'est l'ornement que ie t'apreste :

Pour rendre ce qu'on doit aux Lys de ton beau teint, Il t'en faut mettre sur la teste.

De M. DE Malleville.

LE LYS

Madrigal.

DEVANT VOUS je pers la victoire Que ma blancheur me fît donner, Et ne preten plus d'autre gloire Que celle de vous couronner.

Le Ciel, par vn honneur insigne.

Fit choix de moy seul autres fois, Comme de la Fleur la plus digne Pour faire vn présent à nos Rojs.

Mais si i'obtenois ma requeste, Mon sort seroit plus glorieux D'estre monté sur vôtre teste Que d'estre descendu des Cieux.

De ^L DES Reaux-Tallemant.

LES LYS

Madrigal.

1E puis mettre, entre les louanges .

Qui me rendent si glorieux, D'auoir fleury dedans les Cieux, Cultiué de la main des Anges; Mais, certes, c'est y retourner Que de vous pouuoir couronner.

De M. Martin.

t-'jr

LES LYê :.

Madrigal.

QVE i'ay de gloire à cette fois, Que j'ombrage ces belles tresses !

le ne couronnois que les Roys, Et ie couronne les Déesses.

De M. Martin.

LES LYS :8

Madrigal,

VN diuin oracle, autres fois, A dit que ma pompe et ma gloire Sur celle du plus grand des Roys Pouuoit emporter la victoire; Mais si i'obtiens, selon mes vœux, De pouuoir parer vos cheueux, le dois, ô IvLiE adorable, Toute autre gloire abandonner.

Car nul honneur n'est comparable A celuy de vous couronner.

De M. C...f?)

LES LYS '^

ELLE, ces Lys que ie vous donne, 'Auront plus d'honneur mille fois De seruir à vôtre Covronne Que d'estre couronnez aux armes de nos Rojs.

De M. DES Maretz.

LA TVLIPE20.

Madrigal.

E fus vn Berger, autres fois, Qui, poussé d'vne belle audace.

Alla cueillir dessus Parnasse Des lauriers plus fameux que les lauriers des Roys. Ce généreux désir d'vne éternelle gloire

Ne m'empêcha pas de seruir

Auec les Filles de Mémoire Les mortelles beautez qui me sceurent rauir.

Mais mon âme fut si volage, A tant d'obiets diuers elle rendit hommage,

Et les bergères si souuenl.

En me reprochant leurs caresses.

Se plaignirent que mes promesses Se perdoient parmy l'air dessus l'aile du vent,

Qu'Amour vint d'vne main puissante

Me transformer en cette Fleur,

Qui, comme i'eus l'ame inconstante.

Est inconstante en sa couleur.

Miracle de nos iours, si mes yeux t'eussent veuë Avec tous ces appas dont le Ciel t'a pourueuë,

Mon cœur n'eut point esté léger; Mais mon sort me console, et pour ma gloire ordonne. Depuis que i'ay l'honneur d'embellir ta Covronne, Que mes viues couleurs ne pourront plus changer.

De M. GoDEAU.

LA TVLIPE.

Madrigal.

E suis !e plus brillant ouurage Dont le pinceau de Flore embellit les estez, Et sur les autres Fleurs i'ay le même auantage Qu'a le feu de tes yeux sur les autres clartez.

Mais dans l'éclat qui m'enuironne, Et qui de cent couleurs reléue mes beautez, La gloire que le Ciel me donne, D'estre vne fleur de ta Covronne, A pour moy de si doux appas, Que, bien que de ma mort ma gloire soit suiuie, Pour mourir d'vn si beau trépas, J'ayme mieux la mort que la vie.

De M. Arnaud de Corbeville.

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