‹ La guirlande de JulieChapitre 64 sur 90 · LA FLAMBE · texte numérisé non relu

LA FLAMBE

Madrigal.

ARMY toutes ces autres Fleurs, Receuez cette Flambe, ô Ivlie adorable ! C'est le viuant portrait des mortelles douleurs Que cause dans mon sein vne playe jncurable; Pour vous montrer l'état de mon cœur consumé, le ne pouuois choisir qu'vn obiet enflammé !

De M. le marquis de Montausier.

LE MVGVET28.

Madrigal,

J'abandonne les bois, dont les feuillages sombres, Malgré l'Astre bruslant qui répand les clartez, Conseruant ma fraîcheur sous leurs épaisses ombres, Pour venir rendre hommage à tes rares beautez. Mais ie crains, en voyant l'éclat qui t'enuironne,

Que ton feu sans pareil, Ne me soit plus fatal que celuy du Soleil. N'jmporte, toutes fois, quoy que le Ciel ordonne, Ou i'embelliray ta Covronne, Ou, mourant au feu de tes yeux, Mon sort égalera le sort des demy-Dieux.

De M. DE Briotte.

LA FLEVR DE GRENADE^q.

Madrigal.

DANS l'Empire fameux de Flore et de Pomone, Mon père a mille enfans qui portent la Couronne ; Mais, préférant mon sort au leur, l'ay mieux aymé demeurer Fleur, Auec le vif éclat dont ie suis embellie. Afin de m'offrir Vierge à la chaste Ivlie. O perte fauorable 1 ô change précieux ! le quitte vne gloire mortelle, Pour l'jmmortel honneur de parer cette belle. Et le destin des Roys pour le destin des Dieux.

De M. C.r

Qi^l^

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