‹ La guirlande de JulieChapitre 66 sur 90 · LA PERCE-NEIGE · texte numérisé non relu

LA PERCE-NEIGE

Madrigal.

'iLLE du bel Astre du jour, le nays de sa seule lumière, " ' Alors que sans chaleur, à son nouueau retour,

Des mois il ouure la Carrière.

le vis pure, et dans la froideur;

Et mon teint, qui la Neige efFace, . .

Conserue son éclat dans l'extrême rigueur

De l'hyver couronné de glace.]

Fleurs peintes d'vn riche dessein

Que le chaud du Soleil fait naistre, Et qui, peu chastement, ouurez votre beau sein

Au Père qui vous donna l'estre;

Vous qui sans pudeur aux Zéphirs

Souffrez découurir vos richesses,

Et vous laissant toucher à leurs foibles soupirs,

Ployez sous leurs molles caresses;

Osez-vous, peu modestes Fleurs, Prétendre Couronner cette beauté séuère?

Et ne craignez-vous point les cruelles froideurs Dont elle sait punir vne ame téméraire ?

N'ayez plus cette vanité, Puis que seule ie dois obtenir l'auantage D'orner de son beau chef l'auguste maiesté. Lors que de tous les cœurs elle reçoit l'hommage,

Au Throsne de la pureté.

De M. DE Montmor-Habert.

LA PERCE-NEIGEî'

Sovs vn voile d'argent la Terre enseuelie Me produit, malgré sa fraicheur; La Neige conserue ma vie, Et, me donnant son nom, me donne sa blancheur Mais celle de ton sein, nompareille Ivlie, Me fait perdre aujourd'huy le prix Que ie ne cède pas au Lys.

De M. DE Briotte.

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