‹ La guirlande de JulieChapitre 7 sur 90 · VIII NOTICE · texte numérisé non relu

VIII NOTICE

mais elle acquit à coup sûr plus de politesse française. La Muse avait pris rang de qualité.

Julie ne contribua pas médiocrement à cette transformation poétique , conçue et opérée sous ses auspices; à la protection qu'accordait madame de Rambouillet aux littérateurs en renom , elle ajouta les charmes de sa pétulante conversation et de son vivace entrain, et fut surtout, par sa seule présence, la reine des madrigaux, le bon génie inspirateur, la vivante idole, et comme le palpable idéal des poètes qui l'entouraient '.

Autour de cette déité se forma une cour brillante et courtisanesque, nourrie de VAstrée et des pastorales à la mode, esprits délicats, talents gradués, génies naissants, qui tous se hasardaient avec savoir sur les gracieux confins du Païs de Tendre 2, en se proclamant heureux de se mourir pour la dame de leurs pensées et de payer la dîme à sa beauté.

1. « Elle est, dit M'-'^ de Scudéry, la plus affectueuse du monde, ayant un charme si particulier dans la conversation, pour peu que les gens qui sont avec elle lui plaisent, qu'il suffiroit, pour devenir amoureux de Philonide, de passer une après-dinée à sa ruelle, quand même on y seroit sans la voir, et en un de ces jours d'été où les dames font une nuit artificielle dans leurs chambres pour éviter la grande chaleur. » (Le grand Cyrus, t. VII, livre i^'^ .]

2. Nous ne prétendons pas parler ici du Païs de Tendre, introduit plus tard, par de fausses précieuses, dans le roman de Clélie, et dont la Mer dangereuse, le Lac d'indifférence, Orgueil, Tiédeur, Oubli, etc., formaient les redoutables Limites.

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