‹ La guirlande des dieuxChapitre 40 sur 51 · SOLITUDE · texte numérisé non relu

SOLITUDE

Chère âme, mes désirs sont de lointains vaisseaux Qui, rouges de mon sang et roses de mon rêve, M'ont laissé triste et seul, deux fois seul, sur la grève,

Tout rouges de mon sang, tout roses de mon rêve, Et doux du tremblement maternel des berceaux, Chère âme, mes désirs sont de lointains vaisseaux

Qui, doux du tremblement maternel des berceaux, Tendres de la chanson du rouet des aïeules, Sont entrés dans le ciel et l'infini des eaux.

Tendres de la chanson du rouet des aïeules,

Ils sont entrés, là-bas, dans le ciel plein d'oiseaux,

Me laissant seul à l'heure où les grèves sont seules.

Dans un ciel ignoré, plein d'astres et d'oiseaux, Tout rouges de mon sang, tout roses de mon rêve, Ils ont fui, me laissant triste et seul sur la grève;

Et je garde à jamais leur balancement doux,

Leurs voiles dans le vent et leur caresse aux vagues,

Et leur désir du monde au fond de mes yeux fous,

Eux qui, devant l'ennui des cieux mornes et vagues, Avec leur rêve ardent au fond de mes yeux fous, M.'ont laissé seul de moi, seul de toi, seul de nous !

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