‹ La guirlandeChapitre 15 sur 37 · MODÈLE DE CHEZ JENNY · texte numérisé non relu

MODÈLE DE CHEZ JENNY

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Cri r.rs$I

-Le beau Dunois au clair de la lune

A clair de la lune, mon ami fantôme, vois mon infortune : entr ouvre ton heaume.

Je traîne mes pas, cherchant des images, et nen trouve pas même en ces nuages.

Je nai plus de flammes. — ce Tu nas plus de feu f V iens donc chez les âmes en reprendre un peu.

Toin d errer tout seul! Nous sommes grand nombre — traînant des linceuls blancs ; comme nos ombres .

(^elui qui me parle, amant des bruyères, je est le pauvre V^narles d Orléans mon Irère.

iSon Ombre poète glisse de travers, tant sa Iolle tête est mangée des vers.

O ù vas-tu, mon Irère f — (chercher dans la nuit un dernier trouvère pour chanter notre nuis.

— Xiens, voici Jehanne sous ses gonla~ nons... (cherches -tu mon âme ( Oon casque lait : non !

— Je cherche, en ces terres de bonnes semences, un dernier trouvère pour chanter la irance.

— La Hire et Xaintrailles et Florent dllliers cherchent mon plumai! sous les noisetiers f

— Point ! notre compère. Nous cherchons ensemble un dernier trouvère...

-Mais ce vil ressemble

auquel ta main baille une longue plume en argent de lune, prise à ton plumail,

nos âmes.

ressemble à Celui que rêvent (Et Charles dit : oui, et oui-da, Jebanne.)

— V iens-t en ou va-t en ! » — Je m en vais Dunois. jMourir f J ai le temps. — c< lais ce que tu dois. s>

Au clair oe la lune mon ami fantôme salue ma J?ortune 7 salue oe ton heaume.

-^3aut ~EcfV 1

Voici 1 Hiver

HABILLÉS PAR BARCLAY

Iradi

îtion et

restig<

Oocial

:K déplacement des fortunes en 1920 est tel, que nous assistons à un véritable bouleversement social. La guerre a permis aux uns de s'enrichir et les autres ont dû rester sur leurs positions de 1914» tenus pendant 5 ans par leurs obligations militaires. Les premiers, pour la plupart, n'ont pu acquérir aussi facilement que leur fortune des notions élémentaires d'éducation et d'instruction. Il s'ensuit que la vie sociale extérieure est empreinte d'une vulgarité excessive.

A> égalité de fortune, les nouveaux riches jouissent sans pudeur de leur argent pour leur unique plaisir, tandis que les autres sont tenus de sauvegarder leur situation territoriale et familiale, et de soutenir de leurs deniers les œuvres charitables et sociales.

Devant cette redoutable réalité, il importe au prestige du pays que les vieilles familles françaises s'efforcent de maintenir les traditions, à défaut de la cour dont les moindres gestes avaient force de loi.

Chez nous, il faut que la société parisienne donne le ton,

décrète la mode et observe les lois protocolaires. Cette société est composée de l'aristocratie de l'ancien régime et de l'aristocratie impériale, de quelques familles appartenant à la grande industrie et à la haute bourgeoisie et aussi d'un certain élément cosmopolite. Et par cosmopolite, j'entends de grandes familles appartenant à la diplomatie et dont les relations avec la société française sont constantes.

Parfois, dans ce tout composé, on peut y distinguer une femme qui a conquis sa place par sa beauté et des hommes qui ont conquis leur rang par leur intelligence et leur esprit.

A côté de cette société bruyante dont

les gestes sont relatés dans les chroniques

mondaines, il y a une société à Paris qui

vit dans le calme, sans souci d'étonner

le monde par des initiatives souvent

audacieuses et chez laquelle se pratiquent

encore les coutumes ancestrales.

Distinguons enfin dans le chaos social de rares salons politiques et littéraires qui s'efforcent de continuer la tradition du XVII e et du xvm e siècle et chez lesquels vous rencontrerez toutes les élites, tous ceux qui représentent une force dans le pays.

Vous verrez là des politiciens de marque, des diplomates, des étrangers de passage, des lettrés. C'est la grande fusion, le terrain neutre qui permet à des éléments très divers de se connaître. Il est même certaines grandes dames qui convient leurs amis à un dîner donné en l'honneur d'un ministre de la République. Les difficultés matérielles menacent l'existence même de ces salons, dont l'influence peut être considérable.

Notons enfin que la coterie élégante qui mène le mouvement superficiel et mondain admet facilement dans son sein des femmes de la société européenne, dont la famille, la beauté, l'intelligence sont notoires. Elle admettra plus difficilement des Américaines du Nord ou du Sud en raison de leur nombre toujours croissant. Dans une société comme la nôtre, en présence des éléments

nouveaux et vulgaires qui menacent de nous submerger, au nom même de l'influence irrésistible de l'argent, nous devons maintenir nos traditions. Cette nécessité s'impose si nous voulons conserver notre souveraineté dans le domaine de l'art, de la littérature et de la mode.

Nous affinons et éduquons notre goût, dès notre enfance, en contemplant les chefs-d'œuvre immortels de nos musées et de nos palais. Il faut maintenir le culte de notre grand Passé et puiser dans nos demeures historiques le plus pur de nos traditions.

Les Français ne peuvent oublier, en dépit du nivellement social et de l'éclat de la denrée alimentaire, qu'ils vivent près de Versailles, de Fontainebleau et de Compiègne auxquels se rattache un glorieux passé de faste et d'élégance. Là, vécurent les rois qui firent la France, eux et leurs cours somptueuses dont les historiographes indiscrets nous ont conservé le souvenir impérissable. Sans doute le Parisien essaie-t-il de perpétuer les coutumes françaises que ses pères surent respecter mais il entend, pour être compris et écouté des nouvelles générations, être nouveau jeu, moderniser son allure vieille France et porter son panache désuet avec la compréhension de l'heure présente. Nous avons, dis-je, besoin de maintenir nos traditions. La cour n'est plus là comme guide et comme mentor. Nous devons faire notre police nous-mêmes et je crois que les étrangers de distinction, s'ils se donnent la peine de nous connaître, ne se plaindront jamais de notre accueil.

Les Princes du sang reçoivent chez nous une hospitalité dont la forme est digne de notre ancien régime.

Par une réaction naturelle, les institutions républicaines nous font respecter davantage ceux qui appartiennent à des maisons souveraines. Parfois même, certains traitent avec un excès maladroit des princes exotiques, des princes tombés dans le commun, tant le baisemain et la révérence flattent agréablement leur vanité, manque de mesure et cette ignorance nuances sont la résultante de cinquante ans de régime démocratique.

La manière et les usages sont les prérogatives d'une élite que la guerre a singulièrement frappée. Cette élite est néanmoins seule capable de donner des directives.

La jeunesse française comprend désormais son devoir. Après s'être complue dans une brillante et vaine oisiveté, elle se réfugie désormais dans le travail capable seul de lui assurer le prestige et l'indépendance. Les Français de race auront de la sorte promptement raison des illettrés enrichis en deux ans dans le rétamage et la ferraille.

Nous avons eu des gentilshommes verriers. Nous aurons des gentilshommes parfumeurs et des gentilshommes drapiers qui seront capables de garder leur rang social et de maintenir les traditions.

L'argent n'est-il pas le nerf de la vie et la condition du prestige social ?

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v/réaiioii iVielnotte^ Simonin

l^hiiions .Parisiens au Ihéâtre et à la V ille

n dépit de la « trêve des confiseurs », une

animation joyeuse règne par les théâtres et c'est

à peine si, en considérant le tableau des recettes

de certains spectacles, on se douterait que les réunions

familiales et mondaines des derniers jours de l'année

commencent à nous absorber.

Quelques heureux théâtres donnant des pièces jolies et délicieusement habillées, bien qu'elles tiennent l' affiche depuis plusieurs semaines, déjà, jouent souvent à bureaux fermés. A F Athénée, le Retour de MM. de Fiers et de Croisset compte parmi ces gros succès et chaque soir une nouvelle chambrée choisie-s'émerveille devant la grâce délicate de Marthe Régnier adorablement parée par Martial et Armand et avec tant de juvénile élégance !

Son premier acte, en satin Crésus, rode Dubarry, s'envoile d'une laize d'argent et forme un ensemble d'intimité drapé en la tanagréenne formule et évoquant l'inoubliable toile de Boldini fixant les traits de cette fine comédienne. Puis, c'est une robe de taffetas rose pastel, toute bouffante et très-style, sur laquelle des astragales de guipure d'argent, ponctuées de roses Saxe, ont le charme le plus jeunet, en attendant que d'autres silhouettes d'un ennuancement charmeur, achèvent le bouquet d'élégances très parisiennes respiré dans cette comédie séduisante à tous égards.

Plus près de nous, au Théâtre Michel, L'Etemel JUaàcidin est conduit au succès par une artiste aussi célèbre par son parisianisme raffiné que par son réel talent. Ses chiffons sont de très grande marque et de

la plus aristique recherche. S.veîte et charmante, M 119 Jane Renouardt, la fausse maigre, dans sa plus expressive formule joue dans son lit, parmi de savoureuses roseurs, le premier acte de cette étincelante comédie.

Dommage que l'encadrement de ce lit, un peu trop art moderne — si jamais art il y eut en cette affaire — s'harmonise étrangement avec la joliesse de précieux bibelot, dix-huitième de l'enjôleuse Madame.

Au deuxième acte, une robe moyenâgeuse, tout en satin neige, semée de bouquets perlés d'où partent des chatoiements furtifs nous vaut la révélation d'une manière de manche longue, prise dans un ruban, parti de l'épaule, pour s'arrêter au poignet que cerne un bracelet de diamants.

Très nouvelle, cette prétendue manche laisse s'épanouir la savoureuse nudité d'un bras charmant.

Il faut retenir cette jolie manière d'hypocrisie de la mode, pour en tirer parti si l'on veut porter la manche longue lorsqu'on est dotée d'un bras au modelé délicat.

Mais c'est la silhouette dernière, montrée par M" e Jane

Renouardt, qui dans la salle provoque un murmure charmé. Qu'on se figure une draperie de lamé cuivre rode,

prenant le buste nerveux et fin de la éweet artiste, en un

mouvement caresseur, tandis que de longues flammes de

même tissu brodé d'acier retombent en tunique sur la jupe

tout en dentelle d'or, et la dépassent de toute la hauteur

des longs glands qui tintinabulent à la pointe de ces sortes

de rubans amincissant et magnifiant la hauteur.

A l'heure du manteau, d'un geste câlin et charmant,

M ° Renouardt s'enveloppe en une souple cape de velours

Vénus, rubis clair, allurée d'une hauteur de renard gris

cendre, et laissant, par échappées, entrevoir le sourire

vibrant d'un satin bleu de mer en doublure.

Quel peintre de la Parisienne ne serait pas tenté par cet ensemble de haut

goût ! . . .

Mais voici que la Potinière vient d'ouvrir son joli salon, tout battant neuf et que des spectacles des plus délicats y sont donnés où nos instincts Je coquetterie, d'ailleurs, trouvent leur compte. Les robes devant évoluer en l'encadrement des

artistiques décors de M. René Colin ne sauraient être médiocres et cet auditoire de jolies femmes qui s'empressent épaules nues, très emperlées, vers la "boîte" à la mode et pour cause, exige qu'on se soucie de ses aspirations. Aussi dans Y Heure du Mari l'harmonie est-elle savamment étudiée entre le décor à l'ennuancement très doux, gardant la poésie spéciale des ensembles dix- huitième, et la teinte surannée de la première robe très en ampleur de M lle Germaine Risse : taffetas réséda, reflété de rouille, et jonché de bouquets vieillots. Dans sa seconde robe de velours frisson géranium, mêlée de dentelle teinte du ton, la charmante artiste trouve à sa beauté blonde le plus piquant des fards. Avouons pourtant que ce coloris vibrant s'évade trop brutalement de la tonalité vieillote du cadre, pour que l'ensemble soit parfait.

Avec Je t'adore nous sommes en plein art moderne dans ce salonnet aux lambris mauves et aux lumières voilées de teintes opalines et nous ne nous étonnons pas de voir, en cet artistique arrangement, se profiler la silhouette nerveuse et fine de Régine Flory, l'enchanteresse qui, tour à tour, danse, mime, joue la comédie et détaille d'une voix prenante les couplets pleins d'esprit qu'écrivirent pour elle les malicieux auteurs... Avec une telle interprète, ceux-là sont comblés. Les curieux d'élégance, à leur tour, ne se sentent plus d'aise en détaillant tout d'abord la merveilleuse robe du soir en une sorte de groà de Napleà vieux jaune, sur laquelle, en des grâces de papillon diapré, s'enlève une courte tunique de tulle brodée et rebrodée de perles et de paillettes multicolores, aux chatoiements de lucioles... Quelle robe !... A elle seule elle justifierait l'élan vers la Potinière, de toutes les ferventes de l'art de Callot...

Mais voici notre Régine revenue en un pyjama de haute saveur ! Parmi des souplesses de liberty neige, sa sveltesse jolie s'estompe agréablement ; mais -la merveille vient, avant tout, des envolements de nimbeuse mousseline retombant très droit sur les bras, à la manière des interminables manches de Pierrot. Rien de réussi comme cet arrangement sous le rayon lumineux, donnant des effets magiques 1... Il faut savoir tirer un enseignement des joliesses montrées en scène, par de telles artistes, pour lesquelles les grands de la Couture surmènent leurs méninges, puisque les ateliers ne produisent que très occasionnellement de l'inédit, valant d'être noté, à cette époque de l'année. — En janvier ils prendront leur revanche pour les collections à soumettre aux acheteurs étrangers... Mais, c'est seulement au printemps que nous seront appelées à juger et à décider si oui ou non la nouveauté soumise à notre verdict devra influencer la mode de la saison,

En attendant, dans les thés mondains où chacune annonce son départ — réel ou fictif — pour la Riviera, on voit des chapeaux du plus amusant inédit. Quelquesuns, campés d'impertinente façon, encadrent à ravir le spirituel minois de la Parisienne et font prononcer le nom de Cora Marson, avec un petit air connaisseur. . . La place Vendôme est là, tout près... Si on grimpait?... Et voilà comment tant de jolies femmes sont pires après une tasse de thé au Ritz et une visite à ce salonnet si peu banal.

N'ai-je point oublié de vous dire qu'à la reprise des Deux Ecoleà à la Comédie les coquettes peuvent s'offrir une glane appréciable de silhouettes très éclectiques.

M e Bovy, est d'un chic savoureux depuis A jusqu'à Z et sa robe noire, brodée de monnaies du pape et allurée d'une longue ceinture capucine, fait tourner toutes les cervelles... M llc Suzanne Devoyod est d'une suprême distinction, qui ajoute encore à la séduction de ses silhouettes si différentes toutes, mais M lie Andrée de Chauveron, dans une courte scène, trouve le temps de faire applaudir une robe de lamé vert jade, d'où s'évadent

Cora-JtlaràDii.

Berlbe- Herm ance..

des flambées de mousseline du ton, d'une grâce aérienne — Berthe-

Hermance fecit, dit-on, et ceci suffirait à attirer à la très élégante maison des Champs-Elysées de nouvelles sympathies si déjà quelques-unes des plus admirées parmi les comédiennes du Théâtre- Français ne lui accordaient une toute spéciale prédilection..- Et j'allais oublier M elnot te- Simonin qui a présenté de si jolis modèles au Salon d'Automne et dont le talent des plus délicats se précise de jour en jour.

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