OBJET DE CES EXERCICES
La Gymnastique de l'esprit est une suite d'exercices destinés à éveiller et à développer Tesprit d'abservation et de réflexion.
Peur une inspiration du cœur, la mère instruit son enfant en lui nommant ce qu'il voit; c'est le même travail qu'il s'agit défaire; imitons la nature, suivons la méthode matemelle.
Avec mesure, en évitant tout ce qui sent le pédantisme^ tout ce qui les rebuterait, je voudrais offrir aux enfants de cinq à douze ans le moyen de cultiver d^jà toutes les facultés de leut esprit.
Observer, analyser, s'expliquer les objets et les êtres, tel est lefond de cette Gymnastique qui comprend trois séries d'exercices :
V* PArtie, De cinq àr sept ans, l'enfant analyse les objets et les êtres; Il apprend à regarder, à décomposer, à recomposer, à représenter.
Il* Partie. De sept à dix ans, j'exerce l'enfant à juger et à raisonner : il définit, pose des principes et en tire les conséquences.
111* Partie. De dix à treize anls, je demande à mon élève de réfléchir sur lui-même et sur ses premiers devoirs; je le fais monter de l'observation de la nature physique et de la nature morale jusqu'aux principes essentiels de la religion : il est d'âge à concevoir et à aimer Dieu créateur et providence du monde.
C'est trop peu présumer de l'esprit humain que de borner le travail des enfants à des exercices de mémoire; leur raison naissante est Capable de plus et de mieux ; l'expérience le prouve.
Tous les parents, tous les instituteurs qui voudront me suivre â:ms cette voie nouvelle seront récompensés de leurs soins par un succès inappréciable: en développant la raison de leurs enfants, ilsl'au-» ront armée d'une force presque divine pour le combat de la vie.
CONSEILS PRATiaTTES.
1. But de ces exercices. — 2. De la méthode. — 3. Da petit texte. — 4. De la lecture i
haute voix. — 5. Des exercices. — 6. Des réponses. — 7. Des compositions. — 8. Dl
dessin. — 9. Du crayon. — 10. Des récapituktions. i
t. IaIë but de ces exercices est d'habituer les petits enfants i voir, à décomposer, à recomposer, à dessiner tout.
Dès rage le plus tendre, les enfants sont animés d'une curiosité tell< que leurs questions embarrassent .très-souvent leurs parents et leun instituteurs; pourquoi ne pas utiliser cette curiosité en la dirigeant!
Notre objet n'est pas d'enseigner aux enfants ou la langue ou h grammaire, ou Tarithmétique ou la morale ; ce sont là des études spé* ciales; nous y préparons Tesprit en lui donnant certaines qualité! générales. Partout et toujours, l'homme aura besoin d'observer, d'a« nalyser; il faut y exercer l'enfant à propos de tout.
Je serais heureux de venir en aide à mes collègues de l'enseignei ment primaire, en les arrachant enfin à la monotonie stérile des tai bleaux qui bornent l'horizon de leur enseignement.
Le tableau que je les invite à faire étudier aux jeunes esprits quj leur sont confiés, c'est le tableau de la nature dont l'inépuisable fécondité donne à l'enseignement un intérêt sans ceslse renaissant pour le maître ainsi que pour l'élève.
2. liA MËTHODi: ne vaut que par l'esprit, disons mieux, par 1^ cœur de celui qui l'emploie, le cœur est bien plus inventif et plus ingénieux que l'esprit ; déplorable préjugé de croire que des procédés el des règlements suffisent* à tout ; le bon maître fait la bonne méthode^
La précaution la plus importante est d'épargner à l'esprit toute f& tigue ; les efforts pénibles découragent et paralysent les enfantsi : Il maître qui aura le talent d'éveiller leur curiosité les trouvera très-atj tentifs et sera plus vite fatigué qu'ils ne le seront eux-mêmes. ^
Aussi, tout au rebours de cette recommandation sans cesse répéj tée qu'il ne faut passer à un nouvel exercice que quand le premier est parfaitement su, je recommande d'avancer vite, de se contente! de peu, surtout pour le dessin ; et de passer outre, dès qu'on voit poindre le dégoût : l'ennui et la lassitude sont de mauvais instituteurs]
renons garde de faire prendre en haine la science et les savants, ien mieux vauL reprendre plusieurs fois toute la suite de èes exercices.
8. liK P£TIT XEULTlâ ne S* adresse qu'aux parents et aux maîtres; enfant trouvera sa leçon clairement séparée en gros texte très-lisible.
C'est aux parents et aux maîtres de comprendre Tenchaînement et i progression des exercices; l'enfant doit plutôt les sentir qu'en avoir intelligence. Cependant il ne sera pas mauvais de lui montrer par ael progrès son horizon s'étend de la classe et de la chambre jusqu'à L ville, aux champsy à la terre, à Vunivers même. Ces explications Buvent l'encourager et lui ouvrir des perspectives nouvelles.
4. liA lifiCTlIRE A HAIJT£ TOIX est de la plus grande écessité : il y a fort peu de personnes qui sachent bien lire à haute Dix : aussi jamais on ne s!y prendra trop tôt pour donner aux enmts rhabitude d'une bonne prononciation, d'une articulation claire^ intonations justes et intelligentes.
5. MaWIH lËlLEMCMClEH dont je fournis des modèles peuvent et Divent être imités et variés à Tinfmi. J'aurais manqué mon but^ si la lémoire seule de l'enfant était mise en jeu et s'il ne faisait qu'aprendre et répéter comme un perroquet les pages de ce livre.
6. MaIEH RÉPOlir8£S par oui et par non sont très mauvaises ; il ne Lutpoint s'en contenter; l'enfautdoit répéter la question dans saréponse.
9. MéMH €OllEPOS^ITIO]Vli que je recommande provoquent une ige émulation ; elles stimulent le zèle des enfants : il est excellent de is multiplier en offrant aux enfants l'occasion de trouver plus acore que de se souvenir.
8. Ii£ IlESSIIir par croquis très-faciles représentant la silhouette es objets ou des êtres est un des meilleurs exercices : il importe *y recourir le plus possible. Jamais on n'exercera trop l'œil à saisir L la main à reproduire les formes. Il ne s'agit pas de remplacer les içons de dessin, mais de les préparer. Les modèles que je propose }ut si simples que les parents ou les maîtres qui ne sauraient pas du mt dessiner pourront s'y exercer avec leurs élèves ; ils éveilleront insi une émulation qui ajoutera au travail un intérêt très-vif.
». lifi CRAYOUT doit être préféré à la plume pour tous les exerces d'écriture et de dessin; les plumes et l'encre exposent les enfants
à trop d'accidents qui les découragent : la seule précaution à praij c'est que le crayon soit très-mou pour ne pas alourdir la main : 1 crayons Conté sont préférables aux crayoïis de mine de plomb.
to. MaJL RÉCAPnfUliATIOM des exercices précédents est \ travail indispensable pour graver les souvenirs : jamais il ne faud commencer une leçon ou une interrogation sans mêler aux questisi du jour quelqu'une des questions précédentes.
▲ux AiAvxB
Ghers enfants^
Vous êtes r espoir de la France; il n'y a do» pas d* œuvre plus noble que de travailler à von rendre dignes d'un meilleur avenir.
Je voudrais vous apprendre à penser.
C'est la grande afiaire de la vie ; il faut s; appliquer de la première à la dernière heure»
Penser nous fait connaître et aimer par-dessu tout la vérité.
Penser nous fait éviter bien des malheurs.
Penser nous met à Tabri des plus mauvaise passions.
Penser nous apprend tous nos devoirs.
Penser nous élève jusqu'à Dieu.
Penser nous ouvre, dès cette vie, Phorîzoï d'une vie immortelle.