XXXII ÉVÉNEMENTS SUR LESQUELS
hommes qui lui furent utiles dans cette guerre, et dont on a fait quelque usage dans ce poëme, on compte les maréchaux d'Aumont et de Biron, le duc de Bouillon, etc. Duplessis-Mornai fut dans sa plus intime confidence iusqu'au changement de religion de ce prince; il le servait de sa personne dans les armées, de sa plume contre les excommunications des papes, et de son grand art de négociei', en lui cherchant des secours chez tous les princes protestants.
Le principal chef de la Ligue était le duc de Mayenne; celui qui avait le plus de réputation après lui était le chevalier d'Aumale, jeune prince connu par cette fierté et ce courage brillant qui distinguaient particulièrement la maison de Guise. Ils obtinrent plusieurs secours de l'Espagne; mais il n'est question ici que du fameux comte d'Egmont, fils de l'amiral, qui amena treize ou quatorze cents lances au duc de Mayenne. On donna beaucoup de combats, dont le plus fameux, le plus décisif et le plus glorieux pour Henri IV, fut la bataille d'Ivri, où le duc de Mayenne fut vaincu, et le comte d'Egmont fut tué.
Pendant le cours de cette guerre, le roi était devenu amoureux de la belle Gabrielle d'Estrées; mais son courage ne s'amollit point auprès d'elle, témoin la lettre qu'on voit encore dans la Bibliothèque du roi, dans laquelle il dit à sa maîtresse : « Si je suis vaincu, vous me connoissez assez pour croire que je ne fuirai pas; mais ma dernière pensée sera à Dieu, et l'avant-dernière à vous. »
Au reste, on omet plusieurs faits considérables, qui, n'ayant point de place dans le poëme, n'en doivent point avoir ici. On ne parle ni de l'expédition du duc de Parme en France, qui ne servit qu'à retarder la chute de la Ligue, ni de ce cardinal de Bourbon, qui fut quelque
EST FONDÉE LA HENRIADE. xxxiii
temps un fantôme de roi sous le nom de Charles X. Il eufifit de dire qu*après tant de malheurs et de désolation, Henri IV se fit catholique, et que les Parisiens, qui haïssaient sa religion et révéraient sa personne, le reconnurent alors pour leur roi.