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Intérieur d'une galerie de tableaux (Salle V

Dans une vaste salle, au milieu, derrière une table, recouverte d'un tapis rouge et portant des statues et des gravures, une femme est assise, en corsage brun et manteau bleu. Elle se tourne de trois quarts à gauche vers un jeune homme debout, la main droite sur un buste, en vêlement jaune et manteau bleu, dont deux pages souticMment le pan. Au premier plan, un globe terrestre. Sur le sol et contre la muraille soutenue par quatre colonnes en marbre rouge, des tableaux dont la liste est donnée par le Catalogue, pages 65-75, et qui, pour la plupart, sont signés de leur auteur. Au milieu, une porte cintrée s'ouvre sur un corridor qui mène à une salle à cheminée monumentale et ornée de tableaux,

H., i,70; L., 2,10. T. — Fig. 0,44. L'architecture est de Wilhelni Schubert von Ehrenberg. Smith l'estimait 400 L. (Suppl. I.) 300 fl. V, Jacomo de Witt, Anvers (1741). TaY>leau peint pour ravo«:at van liavegom qui avait plaidé dans un procès soutenu par la compagnie de Saint-Luc ccmtre la gilde des Arbalétriers.

LA HAYE

Cornelissen (Gornelisz) van Haarlem, 1562-1638.

Le Massacre des Innocents (Salle VI).

Au premier plan, au milieu, un bourreau coupe le cou d'un enfant étendu à terre ; à gauche, un autre bourreau jette en l'air un enfant dont il foule aux pieds la mère, un troisième poignarde un enfant dans les bras de sa mère et une troupe de soldats poursuivent des femmes qui s'enfuient vers la gauche; à droite, un bourreau, son couteau dans les dents, le pied sur la poitrine d'une femme, brise, sur ses genoux, les reins d'un nouveau né et deux mères poursuivent un vieillard qui emporte un enfant. Au milieu, une femme, étendue sur le sol, retient le bras d'un ravisseur ; au second plan, un bourreau poignarde une femme, un autre enlève par les pieds un enfant. Au fond, une escouade de cavaliers, devant une porte cintrée qui s'ouvre sur la cour d'un palais. Signé à droite et daté à / ^ ^

gauche sur une pierre :

H., 2,70 : L., 2,55. T. — Fig. gr, nat. Gravé dans le Rec. Steengracht. Ce tableau qui formait le panneau central d'un triptyque dont les deux volets se composaient des n. 51 et 52 (voir p. 80) par Heemskerck, fut payé 600 livres par les magistrats de Haarlem en même temps que le Miracle, du même peintre, qui figure au musée de cette ville. Autrefois au Prinsenhof de Haarlem, puis au musée d'Amsterdam d où il fut transporté en 1825. Estimé alors 800 fl. « Ce tableau fort désagréable montre combien le talent de l'artiste se prêtait mal à l'expression des fortes émotions. » (Waagen, 148.) « On remarque, dans cette œuvre excellente, beaucoup de mouvement parmi les bourreaux nus, l'énergie des mères à défendre leurs enfants, la différence de carnation des hommes de différents âges, la délicatesse des chairs enfantines, enfin la pâleur des cadavres. » (Carkl van MandkrJI,. 254. )« Ce qui domine dans ce tableau, c'est la volonté de paraître dessinateur savant par des contours ressortis et par un modelé qui exagère le relief des muscles. Les figures qui sont presque toutes entièrement nues, surtout celles des bourreaux et des enfants, ont une désinvolture qui veut être noble et qui sent l'affectation ; elles présentent ces raccourcis recherchés, raffinés, dont se jouait le génie de Michel-Ange et qui paraissent aussi prétentieux chez l'artiste batave qu'ils sont élégants, faciles et fins dans les œuvres du Florentin. » (C. Blanc. Hist. des Peintres.)

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