‹ La HollandeChapitre 269 sur 483 · PAVILLON DU BOIS · texte numérisé non relu

PAVILLON DU BOIS

(t'iiuis ten Bosch)

Au milieu de la forèl, résidence construite en 16'*7 par la princesse Amélie de Solms en souvenir de son époux le prince Frédéric-Henri d'Orange.

La grande salle, dite Salle d'Orange, haute de quinze mètres, contient des peintures murales intéressantes. — « Tous les artistes, les connaisseurs, et les amateurs ne se borneront pas à admirer cette salle, vraiment royale élevée à la mémoire d'un époux, afin d'en immortaliser les exploits; mais ils devront avouer avec moi n'en avoir jamais vu une semblable ; car, où trouverait-on une seconde galerie peinte par neuf maîtres du siècle dernier, tous Néerlandais, et tant d'homogénéité dans un travail composé d'un si grand nombre de sujets différents, liés cependant entre eux comme si un seul pinceau les eût tracés » (1).

(1) DvcK (Jan van), — Itinéraire de la Salle d'Orange, au Palais du Bois. Traduction de Henri Jean Caon. — La Haye. J. Kips, imprimeur, 1838.

LA HAYE

Au-dessus de l'entrée principale où se trouvait autrefois une cheminée monumentale :

Everdingen (Gaesar van). — La Naissance du prince Frédéric Henri.

En avant, la mère du prince, Louise de Coligny, assise, et Pallas qui pose sur le lion néerlandais le nouveau né couché dans un bouclier, auquel un amour olFre un carquois et Mars une lance ; au second plan, Guillaume I^"", vers lequel la Mort dirige un javelot. Au ciel, des amours portant des fleurs.

« OEuvre plastiquemont iinilce des Italiens, mais maladroitement composée. » (WoiîRM., 587.)

En se dirigeant vers la gauche : au plafond. Grebber. — Le char d'Apollon.

Thulden (T. van). — L'Education du prince.

Un livre sous le bras, il écoute les leçons de Minerve; à ses pieds, un coq et une tortue figurant la Vigilance et la Persévérance. Au second plan, Mercure et Chiron portant en croupe Achille.

Les Etats confèrent au prince le stathoudérat.

Une femme, un diadème sur la tête, escortée de sept lions, offre le bâton de commandement au prince monté sur un cheval blanc ; à son côté, des pages portant l'un, son casque, l'autre, un faucon, un troisième tenant en laisse des chiens ; derrière lui, trois de ses officiers ; dans les airs, sept enfants présentent les écussons des provinces. Au plafond, l'Architecture, la Peinture, la Sculpture.

Le prince Frédéric-Henri et son fils Guillaume, auquel une figure allégorique, tenant une lance surmontée du chapeau de la liberté, remet un parchemin à sceau rouge.

Ce tableau fait allusion à la survivance des dignités du prince Frédéric-Henri qui fut en effet conférée à son fils lorsqu'il n'avait que cinq ans.

Le prince Frédéric-Henri, un glaive à la main, écrase les vices.

Honthorst (Gérard van). — - Mariage du prince avec Amélie de Solms.

Le prince, en costume antique, donne la main à sa fiancée, en robe blanche brodée de perles ; à leurs côtés, l'Hymen portant un flambeau allumé et Cupidon une couronne de lauriers dans chaque main. Sur les côtés, des Naïades entourant Neptune et des faunes. Au fond, une

COLLECTION VICTOR DE STUERS

ronde de sept enfants représentant les sept provinces soumises à l'autorité du prince.

« Comme peintre attitré de la cour, il participa naturellement à la décoration de ce Pavillon pour lequel il exécuta, dans une note exceptionnellement froide, l'allégorie sur « les noces du prince Henri » et « la Princesse accompagnée de ses enfants sur la tombe de son époux. » (Wokrmann, 561.)

Au plafond : Vénus dans un char traîné par des cygnes et des colombes. Junon dans un char, traîné par quatre paons; dans les airs. Ganymède.

Jordaens (Jacob). — Triomphe du prince Frédéric Henri.

Pallas et Mercure conduisent le char attelé de quatre chevaux blancs sur lequel est assis le triomphateur, une Victoire en or derrière lui. Sur un des timoniers, un jeune homme couronné de fleurs et portant de la main droite une corne d'abondance. Au.\ côtés des chevaux, marchent deux lions, symbolisant la Majjfnanimité et la Force et deux chiens, la Vigilance et la Fidélité. Derrière le char, Guillaume II, entouré d'une suite nombreuse et de soldats portant des étendards et l'écusson des sept provinces. En avant, un petit garçon agite un tambour de basque, une petite hlle joue du tambourin, d'autres sèment des fleurs. Sous les chevaux, des serpents, et l'Envie dévorant son cœur. Dans les airs, à droite, la Renommée, la trompette à la main, ordonne à la Mort d épargner le prince, au-dessus duquel vole la Paix présentant des branches d'olivier. Au fond, une foule entoure un arc de triomphe. — Peint en 1652.

Au-dessus do ce tableau, La Mort du prince, soutenu par la Foi, l'Espérance et la Charité.

A la coupole : Portrait d'Amélie de Solms, en vêtements de deuil et une inscription latine disant que, « veuve inconsolable, elle a élevé à son époux, l'incomparable Frédéric-Henri, prince d Orange, ce monument de son deuil éternel, d'un amour qui no mourra (ju'avec elle, monument qu'elle croit seul digne d'honorer la mémoire du héros qu'elle pleure aujourd'hui et à jamais ».

COLLECTION VICTOR DE STUERS

Page 1