La Concorde du pays (D
A gauche, le Livre de la Loi sur le piédestal d'une colonne et deux
MUSÉE BOYMANS
trônes : sur l'un d'eux, est posée la couronne d'Espagne ; contre le second, est appuyée la Justice, debout, les yeux bandés, tenant, de la main droite, un glaive et une balance (dans l'un des plateaux est une bourse); elle met, dans l'autre plateau, des parchemins qui font pencher la balance. Au milieu, un lion couché, la patte sur un faisceau de flèches (Symbole des Provinces unies), est retenu par deux chaînes attachées, l'une à l'un des trônes, l'autre à une colonne qui porte un écusson aux armes d'Amsterdam, avec la devise Soli Deo gloria,et d'où s'élève un arbre de la Liberté dépouillé de ses feuilles. A droite, un cavalier dont un écuyer arrange la selle, et un gros de cavaliers, parmi lesquels, l'un se mettant en selle, un autre tirant un couj) de pistolet, un troisième brandissant une lance, un quatrième élevant un étendard. Au fond, une enceinte fortifiée d'où l'on tire le canon ; au-dessus d'un cavalier qui s'élance à gauche, vers la plaine où s'agite une foule confuse, sont représentées les armes d'Amsterdam et deux mains jointes, emblème des gueux. Signé en bas à droite :
H., 0,74 : L., 1 m. B. — Grisaille. — Cette peinture ijui resta chez le peintre jiis- (ju'en 1656 fut comprise dans l'inventaire de son mobilier. Pavée 1" guinées 1/2 V. Revnolds (1795;: 75 guinées V. West (1820) ; 247 guignées V.'Philnsi (1827) 63 L. V. Samuel Rogers (1865; ,: 8,000 fr. à Paris. (1865) Smitii N» 198. Il laut voir là une allégorie de la guerre soutenue par les Provinces où est représenté le bon droit des gueux ; et leur triomphe. « Composition encombrée, assez confuse, remplie d'intentions subtiles que lui avait peut-être suggérées quelque bel esprit de l'époque. L'allégorie n'était point le fort de Rembrandt; fl n'y apportait ni l'aisance, ni la clarté, ni le sens décoratif de Rul)ens; pour lui, il avait besoin de la réalité. » (E.Miciikl ; Rembrandt, 234). « L'exécution est magistrale et large, les cavaliers sont massés par grands coups de brosse, de couleur brun rouge, la hampe du pinceau sculptant les formes, comme l'ébauchoir, tandis que des touches d'un brun plus foncé les achèvent. La couleur se compose de trois notes, le ciel bleu et gris foncé, le groupe du milieu qui est en lumière, ton brun jaune et clair, le reste brun rouge. Les cavaliers sont d'une grande et fière tournure, a une justesse de mouvement (!t de geste admirable. Lliomme qui descend de cheval, les tètes des chevaux à droite, le niouvement de l'homme qui arme son pistolet, tout cela est rendu avec une perfection admirable, n (Vos.maer. Rembrandt, 281). Le Rritish Muséum possède des dc'ssins pour le Lion.
Rombouts (Salomon), fin du xvii^ siècle.