IV. — LE GOUVERNEMENT ET LA PRESSE
Mais de tous les journaux hongrois, le plus abondamment renseigné est YEgyetèriès (la Concorde). C'esi un journal a l'américain', de grand format, le plus grand qui existe en Hongrie. ' 11 a [iris son essor en 1870, pendant la guerre turco-russe, par ses tendances turcopJtiileSî Maintenant il tire près de dix mille exemplaires et représente les idées de l'extrême gauche, de ce parti de l'indépendance dont le programme tracé par l'un des collaborateurs du journal, le député Louis de Mocsâry, peut se résumer par ces points essentiels : « Il faut que la Hongrie soit un Etat indépendant constitutionnel et se gouverne par elle-même sans aucune influence étrangère ; il faut qu'elle possède une autonomie complète, non seulement administrativement et judiciairement parlant, mais aussi pour tout ce qui se rattache à l'armée, aux finances, au commerce et aux affaires étrangères. Le parti demande l'union personnelle avec la dynastie des Habsbourg, à la condition d'une séparation politique et administrative complète et de l'indépendance absolue de la Hongrie. » C'est à peu prés le programme de Kossuth qui demande encore qu'on n'accepte un prince de Habsbourg comme roi de Hongrie qu'à la condition expresse qu'il cesse d'être
on peut encore signaler deux autres feuilles allemandes: le Politisehes Volksblatt et le Neues Politisâtes VolksJdatt. 1 Malgré son format, l'abonnement ne coûte que 20 florins par an, tandis que le Nemzet et le Pesti Napl6t d'un format plus exigu, en coûtent 24.
et de s'appeler empereur d'Autriche. Le directeur et propriétaire de YEgyetèrtès est le député Louis Csàvolsky. Parmi ses collaborateurs les plus distingués il compte M. Charles Eôtvôs, homme d'un talent puissant, aussi grand écrivain que grand orateur, ancien député, défenseur des Juifs et connaissant à fond la Hongrie ; le député Paul Hoïtsy, un vulgarisateur de la science; le professeur Othon Ilermann, réminent naturaliste, député de Szegedin ; M. Hermès Mezey, ancien député.
Si YEgyetèrtès est, peut-être, le plus bruyant des journaux de l'opposition, le plus vénérable est toujours le Pesti Xaplù (Journal de Pest). Cet ancien organe de Deâk compte trente-six ans de vie et continue à tirer de cinq à six mille exemplaires. Il exprime les idées de l'opposition modérée. Son directeur actuel, M. Louis Urvàry, président du club des écrivains et des artistes de Budapest est un écrivain posé et d'une grande distinction. Parmi ses collaborateurs les plus éminents, on doit mentionner le baron Ivor Kaas; le député Cornel Abrànyi, qui est en même temps un romancier et un écrivain dramatique de talent ; M. Adolphe Fenyvéssy directeur du bureau de sténographie et dont on remarque particulièrement les articles économiques ; M. Antoine Molnâr, ancien député; le docteur Ignace Acsâdy, secrétaire de la rédaction, qui est aussi connu comme romancier et auteur dramatique. De temps en temps, le Pesti Naplà publie des lettres et des articles de Kossuth