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Les Vosges et le Rhin

Les Vosges, comme le Jura, sont très abondamment pourvues de neiges et de pluies. Elles ont des pentes fortement inclinées, surtout sur leur versant alsacien, et l'aménagement des eaux y est facile. Mais les rivières vosgiennes ont une disposition rayonnante qui les éloigne les unes des autres. Nulle part, en France, même dans les Pyrénées, les domaines hydrographiques ne sont aussi isolés. 11 en résulte que si les débits kilométriques sont élevés, les débits effectifs sont tout à fait insuffisants pour qu'on puisse espérer établir un jour des usines de fort rendement. Le seul domaine qui paraisse réellement utilisable est celui de la Moselle, précisément parce qu'il est seul à bénéf ' " taine concentration des eaux et qu'il po larîsé par les lacs de la haute Vologne.

alsacien, on peut également escompter de la Weiss, déversoir des lacs Blanc et est encore qu'à la période des études et c Vosges ont beaucoup de moteurs hydrau sont, pour la plupart, de simples tu

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quelques usines hydroélectriques qu'elles possèdent sont de très petits établissements.

La véritable source d'énergie de la région est le Rhin. De Bâle à Strasbourg, sur un parcours de 125 kilomètres, le Rhin descend de 107 mètres. Pour un débit de 800 mètres cubes à la seconde, le fleuve pourrait donner, en eaux moyennes, peut-être 800 000 HP; en basses eaux, 400 000 HP. Tant que l'Alsace a été Terre d'Empire, ce magnifique domaine a été inutilisé parce que le gouvernement badois s'opposait à tout aménagement. Et c'est aux usines suisses que les industriels de Mulhouse étaient contraints de demander l'énergie qui leur était nécessaire.

Mais le traité de Versailles (article 358) a reconnu à la France le droit d'utiliser la force motrice complète du Rhin sur tout le parcours de la frontière. On a pu dès lors songer à élaborer des plans d'aménagement. Ils sont aujourd'hui arrêtés dans leurs grandes lignes. Gomme pour le Rhône, les ingénieurs sont d'accord pour résoudre en même temps le problème de la navigation et celui des forces motrices.

Un barrage serait établi à six kilomètres en aval d'Huningue, en travers du fleuve. Une dérivation amènerait les eaux dans un canal latéral établi sur la rive alsacienne. Ce canal, dont la pente serait nécessairement très réduite, serait divisé, comme un canal ordinaire, par une succession d'écluses. A chaque écluse, le changement de plan d'eau créerait une chute utilisée par une usine hydroélectrique.

Voie navigable, le canal d'Alsace assurerait le passage des chalands rhénans de 1200 tonnes. Les écluses seraient aménagées de façon à pouvoir en recevoir deux côte à côte, avec un remorqueur en avant. Elles permettraient aussi la circulation des grands bateaux à roues, qui subsistent encore sur le Rhin, en aval de

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