‹ La IIIme exposition des arts de l'Asie au Musée municipal CernuschiChapitre 13 sur 17 · ER SEM · texte numérisé non relu

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lucide qui n'a rien de commun avec le verre. Cinq siècles après il y en aurait eu à Shan-Tung, dans les provinces du Nord, et au xrr° siècle à Djan-Kou. Des missionnaires au xvi‘ et au xvii° siècle, rapportent du reste qu’on fabriquait le verre à cette époque, et que certains calcaires des montagnes voisines de Po-Shan-Hien, fondus avec du nitrate de potasse, permettaient de faire un verre de on emplovait pour les carreaux de vitrage et les vases.

Tout ceci est contradictoire et assez obscur, d'autant plus que depuis le xrr° siècle, Venise ne cessa d'importer en Chine de Îa verroterie. Faut-il en conclure que la production locale faisait défaut ?

En tout cas, on trouve en ce moment au musée Cernuschi la preuve qu'on fabrique en Chine au moins depuis deux ou trois siècles, des objets de verrerie d’une remarquable transparence et dont les tons très variés sont d’une grande richesse. Ils ont du reste beaucoup de succès.

J'ai même été très frappé au cours des BOUTEILLE EN VERRE ne L ROUGE RUBIS nombreuses stations que je fis dans les salles 7 è k à LV Collection de M, WaANNIECK

de l'Exposition, de voir combien à côté de toutes les merveilles issues d’un art plus noble, ici réunies, nombreux étaient les visiteurs absolument captivés par les vitrines uniquement remplies de ces verres pourtant bien simples de forme, mais aux transparences de gemmes dont l'éclat s’irradiait de mille feux à la lumière du jour ou sous la caresse d’un rayon de soleil. Et de cette remarque je n’ai tiré qu’une conclusion, c’est que ces verreries de tons si variés, possédaient un attrait supérieur : le charme. Ces bleus saphirs, ces rouges rubis, ces blancheurs d'opale accrochent au passage les regards et leur éclat adouci comme celui d’une verriere d'église, conduit peu à peu la pensée vers des sphères plus hautes où elle se repose et flotte bientôt emportée dans la rêverie vers les au-

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delà qui donnent la joie. Ne serait-ce pas là un agréable et facile remède à conseiller aux neurasthéniques, aux milliardaires, surmenés par la tension d'esprit que leur impose le souci des affaires et qui ont besoin avant tout de sortir d'eux-mêmes. Reposer leurs yeux sur une de ces vitrines toutes remplies de ces verres précieux placés à contrejour en transparence ainsi que nous les voyons ici, ne serait-ce pas là pour eux un traitement idéal.

Il n’y a pas très longtemps qu’on se mit à collectionner, en Europe, les objets de verrerie:de. la «Chine, surtout les-verres simples, tels que ces vases, bouteilles, coupes et bols de tons variés, mais unis. Cependant quelques collections ici représentées, sont composées de petites bouteilles plates à col étroit destinées à contenir du tabac. Elles sont en verre transparent, parfois en verie Opaque décorées soit à l’éxtérnièur, soit à l’intérieur, en rehet ou en peinture.

Les Chinois savent en effet très habilement colorer le verre dans la masse et les couleurs qu’ils y emploient sont extrêmement variées donnant à la matière l’aspect de pierre dure. C’est qu’en effet par l'emploi du rouge-grenat, du corail,du violet, du bleu et du vert clairs ou foncés, de tons simultanément ou séparément ajoutés à la pâte, les artistes obtiennent des veines, des stries, des rubans qui, modifiés par la taille et la ciselure produisent les effets les plus variés et les plus inattendus. On en trouve maint exemple dans les collections de tabatières si variées d’aspect et dont quelques-unes mêmes ont l’apparence du jade, de lagate, de l’onyx et autres matières précieuses, mais la fabrication de ces tabatières n’est pas très ancienne et ne date guère que de la période de Khang-hi.

A côté des cent huit flacons à tabac exposés par le comte de Semallé et dont la description serait bien difficile à donner en raison de la variété des effets obtenus par la ciselure du verre employé par couches superposées, en même temps que par la monotonie des formes presque ne varietur, de ces charmants objets il y a un certain nombre de bouteilles et de grands flacons en verre

MUSÉE MUNICIPAL CERNUSCHI HI EXPOSITION: DES ARTS DE L'ASIE

Avril à juillet 1912

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offrant les mêmes particularités de double coloris et de décor à relie, que les tabatières ; leur possesseur est M. de Cane.

Je remarque aussi dans cette section un très beau vase jaspé parmi les envois de M. Wannieck; un vase à large encolure rouge grenat à la Ci Lever, qui expose aussi une bouteille bleue avec col à

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