‹ La IIIme exposition des arts de l'Asie au Musée municipal CernuschiChapitre 16 sur 17 · LES JARDINS CHINOIS · texte numérisé non relu

LES JARDINS CHINOIS

L: baron Edmond de Rothschild, qui possède à Boulogne un merveilleux jardin japonais, a bien voulu prêter à l’Exposition un certain nombre de ces arbres nains que des procédés spéciaux de culture ramènent à des tailles lilliputiennes, tout en maintenant leur forme et leurs silhouette. | | Quelques-uns de ces arbres sont parfois centenaires, et ils . Sont accompagnés de fleurs étranges comme on n’en voit qu’au pays de Nippon, Mais le baron ne s’en est pas tenu là, et son jardinier japonais, un véritable artiste, est venu créer au musée Cernuschi une vraie miniature de jardin japonais, on pourrait presque dire chinois.

Il existe une grande analogie entre les jardins japonais et les jardins chinois. Ceux-ci ont été décrits au xvin siècle par l’architecte Wiliam Chambers dans un ouvrage publié à Londres en 1757, sous le titre : ‘* Dessins des Edifices, Meubles, Habits et Ustensilés : des Chinois 4 ‘‘ La nature ” dit d'écrivain, est leur modèle, et leur but et de l’imiter dans ses belles irrégularités,

Les Chinois ont une conception toute particulière de la décoration et de l’arrangement de leurs jardins et ils y apportent la plus grande fantaisie, Renonçant dans cet art, à tout principe de symétrie, ils cherchant uniquement à tirer le meilleur parti possible des accidents du terrain, de sa configuration, de ses ressources. Le Kiosque en est touiours un des accessoires obli= gatoires, sa forme, aussi bien que ses ornements en sont des plus variés, des plantes grimpantes garnissent généralement les charpentes qu'ils recouvrent la plupart du temps.

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Le pont joue également un grand rôle dans les arrangements

et on en voit dont les formes sont des plus bizarres. Il en est de plans, de contournés, il en est aussi de plats ou à pans inclinés; 1l sont parfois en bambous ou bien en marbre, en briques recouvertes de céramique. Marco Polo rapporte dans la relation du voyage qu'il fit à Pékin au xurr° siècle, qu’il y avait sur la rivière Houenho, un pont de marbre de quatre-vingt arches, dont les parapets portaient cent quarante colonnes séparées par des bas-reliefs.

Le petit pont miniature qui enjambe le filet d’eau coulant dans une [cuvette de plomb au milieu des massifs de verdure,

Si bien arrangés par le jardinier japonais du baron Edmond de Rothschild, est beaucoup moins prétentieux, mais il donne

fort bien l'illusion de ce qu’il peut être en réalité, de même que tous les autres éléments, sylvestres et floraux, employés à la confection de ce ravissant joujou.

MUSÉE MUNICIPAL CERNUSCHI ‘lis EXPOSITION DES ARTS DE L'ASIE

Avril à juillet 1912

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