‹ La IIIme exposition des arts de l'Asie au Musée municipal CernuschiChapitre 3 sur 17 · LA PEINTURE CHINOISE ANCIENNE · texte numérisé non relu

LA PEINTURE CHINOISE ANCIENNE

A peinture chinoise fut, il faut le reconnaître, un art d'essence très aristocratique auquel se livrèrent plusieurs empereurs et de hauts mandarins. Elle dérive, au moins dans sa

technique, de la calligraphie, car, pour peindre comme pour écrire

L GRUES Collection de M. GoLouBEw. bs Photo Bibl. d’Art et Archéologie.

les Chinois ont toujours à peu près procédé de même, puisque dans l’exécution de ces deux arts le peintre et le scribe doivent prendre une position identique, tous deux accroupis, le coude collé au corps;

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déployant devant soi une longue bande de soie et tenant le pinceau par le bout.

Après avoir dessiné son tableau à l'encre de Chine l'artiste le colofre, employant pour cela les teintes plates, très claires, comme les aiment certains aquarellistes européens. La peinture chinoise est une peinture sans ombre qui ne comporte presque aucune recherche dans le rendu de l'éclairage et de latmosphère.

L'idéal des artistes chinois est de s'affranchir d’un trop grand réalisme en évitant les modelés tout en restant très soucieux de vérité.

Si, par ses caractères, la peinture chinoise s’écarte autant de la notre, elle semble avoir suivi celle-ci dans ses évolutions diverses qui furent en réalité communes, ou à peu près, à tous les peuples. Si, pendant des siècles, nous avons si imparfaitement connu la Chine il semble que nous voulions maintenant arriver à la connaître trop rapidement, surtout au point de vue des arts qu’elle cultiva depuis la plus haute antiquité.

La dernière révolution chinoise semble avoir renversé la dernière barrière qui s'élevait encore entre nous et de tous côtés on cherche à pénétrer de plus en plus le troublant mystère de ces formes d’un art qui, si simple puisse-t-il paraître en ses expressions, n'en reste que plus

PIVOINES AT ARR ALT CU SSP UE Ne hermétique à nos yeux. De nombreuses

MUSÉE MUNICIPAL CERNUSCHI IH EXPOSITION DES ARTS: DE L'ASIE Avril à juillet 1912

CHASSEUR Collection de M. Jacques Doucer. Epoque Yuan. Photo Bibl. d'Art et Archéologie.

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expositions de peintures chinoises s'organisent de tous côtés ;. puissent-elles bientôt, espérons-le du moins, arriver à nous dévoiler complètement non seulement le secret des formules de leurs peintres, mais encore celui de la race entière dont ceux-ci sont issus.

C’est seulement vers les premiers siècles de l’ère chrétienne que la Chine entra dans une période de calme, qui lui permit de développer la culture des arts, et de porter à un très haut point l’expression de quelques-uns d’entre eux. Il est permis de supposer que la peinture fut de ceux-ci, bien qu’il soit difficile de déterminer même approximativement l’époque à laquelle elle atteignit son apogée, Cependant, on a tout lieu de supposer que ce fut à l'époque des Thang et des Soung, les deux dynasties qui régnèrent du vrau xiv°siècle de notre ère, que se produisirent les meilleurs artistes, mais il faut bien reconnaître que nous m’avons à cet égard, aucune donnée précise, puisque les plus anciennes peintures que nous avons pu voir actuellement en Europe, sont tout au plus de l’époque des Ming.

M. Reinach, membre de l'Institut, écrivait en 1904 dans « Apollo » qu’il navait rien à dire de l’art de l'Inde, ni de celui de la Chine, la haute antiquité qu’on leur attribue étant une illusion. L'Inde, dit-il, n’a pas eu d’art avant l’époque d’Alexandre-le-Grand, et quand à l’art chinois, il n’a commencé à produire ses chefs-d’œuvres, qu’au cours du Moyen-Age Européen.

S'il fallait en croire les historiens Chinois, dit au contraire M. Paleologue dans son livre «l'Art chinois », les origines de la peinture en Chine, remonteraient à la plus haute antiquité. Che-Noang qui au xxvu* siècle avant notre ère, fut ministre de l'Empereur Hoang-ti, en serait l’inventeur. Il était contemporain de Tsang-Nie, qui le premier enseigna aux Chinois à tracer des caractères d'écriture avec un pinceau.

Sous la dynastie des Tcheou, vers le x siècle avant J.-C., l’idée de se servir de couleurs pour décorer les objets destinés aux cérémonies publiques et religieuses, avait certainement reçu de

MUSÉE MUNICIPAL CERNÜSCHI Jin EXPOSITION DES ARTS DE L'ASIE

Avril à juillet 1912

OIE Collection de M. Worcu. Peinture chinoise. Photo LEMARE.

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nombreuses applications. S’agissait-il déjà de peinture proprement dite ? On ne sait au juste, mais les historiens nous ont conservé le souvenir de deux artistes, qui au x‘siècle, étaient arrivés à la célébrité, seulement on ignore à quel genre de peinture ils se livraient. Ce qui paraît plus certain, c’est que, sous la dynastie des Thsin vers Pan 250 avant J.-C., on savait peindre sur des tablettes de bambou et sur des tissus de soie fine. Mais pendant le n° siècle avantJ.-C. la peinture chinoise réalisa un progrès considérable, puisque pour la première fois elle chercha à représenter la figure humaine. Enfin, au cours du 1“ siècle de notre ére, une découverte fut réalisée, qui eut une grande influence sur la peinture; le papier fut inventé, N'ayant nullement la prétention d'écrire ici l’histoire de la peinture chinoise, mais seulement d’initier le lecteur à la compréhension de celle dont quelques échantillons sont ici réunis, je me bornerai à rappeler que M. Hébert À. Giles, dans son livre « History of Chinese pictorial Art » publié, il y a quelques années à Shanghai, rapporte que d’après la légende, ce serait sous le régne d’un Empereur de la dynastie des Hans, régnant il y a plus de 4.500 ans sur la Chine qu’aurait été inventé l’art du dessin, en même temps que celui de l'écriture, par deux sages, Shih Huang et Tsang Chich. | Cependant il est généralement admis en Chine que ces deux arts naquirent communément et d'une même source, à l’époque où l'homme primitif, en Chine comme partout ailleurs, commença à tracer de barbares images qui le conduisirent à figurer par des combinaisons successives, la représentation graphique de ses idées. Il semble résulter de l'ouvrage écrit par M. Herbert Giles, que l’art du paysage était déjà suffisamment avancé sous la dynastie des Tang, du vi au xv° siècle, pour avoir même à cette époque, subi une transformation grâce à la technique d’une nouvelle école. Pendant cette période, au vu siècle, un édit fut promulgué pour la formation d’une galerie de portraits des héros de la dynastie depuis Chin Sui-liang (596-658), jusqu’à Lisheng (727-793), on put réunir 27 portraits qui furent placés dans le pavillon du Ling Yen,

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