‹ La Jaquerie; la famille de CarvajalChapitre 109 sur 127 · aMus fiero y cruel que Carvajal · texte numérisé non relu

aMus fiero y cruel que Carvajal

mée dona Agustina Salazar. dont il eut une fille nommée dona Catalina. Il avait permis à sa mère de la faire élever au couvent de Notre-Dame du Rosaire à Cumana; mais lorsqu'il se fut établi à Yztepa, au pied de la Cordillère, il fit venir près de lui celte demoiselle dont la rare beauté ne tarda pas à allumer une flamme impure dans son cœur dépravé. D'abord il tenta de séduire l'innocence de la jeune Catalina, soit en lui donnant de mauvais livres, soit en raillant en sa présence les mystères de notre sainte religion. Comme il vit ses efforts inutiles, par une ruse diabolique il essaya de lui persuader qu'elle n'était pas sa fille et que sa mère dona Agustina avait manqué à la foi conjugale. Toute cette infâme machination étant restée sans résultat* par la vertu de dona Catalina, Carvajal, dont le caractère colérique ne pouvait long-tems se plier à la ruse, résolut de faire violence à cette* innocente créature. D'abord, il se débarrassa de sa femme par le poison, suivant l'opinion généralement reçue; puis s'étant enfermé seul avec sa fille, à laquelle il avait fait prendre un breuvage magique ^lequel cependant ne put avoir d'effet sur une chrétienne , il essaya de triompher par force de sa pudeur'. Catalina, n'ayant plus d'autre ressource, saisit la dague de Carvajal et lui en donna un tel coup que le scélérat mourut presque aussitôt. Quelques instans après arriva le capitaine don Alonso de Pimentai, avec des Indiens et des Espagnols pour l'enlever par force de la maison de son père. Don Alonso l'avait connue à Cumana, et l'aimait tendrement; mais ayant appris ce qui s'était passé, il l'abandonna sur-le-champ et revint en Espagne, oîi l'on m'a dit qu'il se fit moine. Quant à dona Catalina, elle prit la fuite, et l'on a jamais su ce qu'elle

était devenue. Le juge don Pablo Gomez qui poursuivit cette affaire fit de grands efforts pour la retrouver, naais inutilement. Peut-être se sauva-t-elle chez les Indiens Tamanaques, peut-être fut-elle dévorée par les jaguars en punition du meurtre qu'elle avait commis. On remarqua que le cadavre de don José fut déterré et mangé par les jaguars, la nuit même qui suivit son enterrement. » Foir riiistoire du procès de Béatrix Cenci.

Je n'aurais jamais pensé à faire un drame de cette horrible histoire sans les deux lettres qu'on va lire, et que je reçus presque en même tems.

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