AVANT-PROPOS. XVII
tique manqué, pire : injouable, un roman dialogué, sans exposition, sans nœud, sans dénouement, une série d'estampes aux couleurs violentes. Pas plus que le Croniivell de Hugo il n'est la grande pièce attendue qui devait révolutionner la scène française. L'auteur d'Hernani, plus tenace et mieux armé que celui de la Jaquerie, réussira à faire applaudir des pièces conçues selon la technique nouvelle, mais en se pliant, sur certains points, à la tradition du genre, et sinon à des dogmes littéraires, du moins à des conventions matérielles ; Mérimée renoncera : la Jaquerie est son dernier essai dramatique et l'influence en fut nulle. En dédaignant, avec tous les Romantiques, ce qu'il considérait à tort non comme de « simples règles de métier », mais comme des « dogmes esthétiques' », il a délibérément fait du théâtre qui n'en est pas. Mieux eût valu, comme Vitet, présenter « des faits historiques sous la forme dramatique, mais sans la prétention d'en composer un drame ^ ».
A-t-il, puisqu'il n'a pu réaliser sa première intention (la plus importante à vrai dire), mieux réussi au point de vue historique? Et, sous cet aspect, son œuvre a-t-elle une valeur? La réponse à cette dernière question doit être plus nuancée.
Il importe de noter d'abord que la Jaquerie n'a pas la prétention d'être une histoire strictement exacte et complète du mouvement de révolte qui, pendant quatre