‹ La Jaquerie; la famille de CarvajalChapitre 81 sur 127 · PIERRE, LE LOUP-GAROU · texte numérisé non relu

PIERRE, LE LOUP-GAROU

PIERRE

C'est une honte! Jamais Sarrasins firent-ils rien Je pareil? Un drapeau blanc et celui qui le porte doivent être aussi respectés que le saint sacrement et le prêtre qui le présente au peuple.

LE LOUP-GAROU

Je me uîoque de vos usages et de vos lois, messieurs les soldats. ]\Iais ne pensez pas commander ici à vos mercenaires disciplinés: nous nous sommes armés pour recouvrer nos franchises, et nous faisons une guerre à mort.

PIERRE

Crois-tu pouvoir commander seul ici, et refuser une capitulation, parce que cela te plaît?

LE LOUP-GAROU

Et crois-tu avoir le droit de nous la faire accepter, parce que tu es assez lâche pour craindre encore ceux qui furent tes maîtres? Que fais-tu ici? pourquoi n'es-tu pas devant Beauvais? Le père Jean t'a rappelé.

PIERRE

Ce n'est pas à toi que je dois rendre compte de ma conduite, brigand ; le conseil fera justice de toi et de tes soldats. C'est à lui que je porterai mes plaintes.

LE LOUP-GAROU

C'est là que je t'attends. On jugera entre nous deux.

Jusques-là je suis seul maître dans ce quartier. Laisse-moi.

LE LOUP-GAROU

Je te laisse, mais songe que je surveille tes mouvemens.

UN CAVALIER, entrant.

Capitaines, le révérend père Jean et les nobles chefs de la ligue vous font savoir qu'ils ont pris la ville de Beauvais, et qu'après l'avoir mise à sac pendant trois jours, ils s'en reviennent avec des engins et des canons pour réduire ce château.

PIERRE

La ville a donc été prise d'assaut?

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