PLUSIEURS PAYSANS
C'est cela qui nous a porté malheur.
La Jaqurrie. -U
F. JEAN
Lâche canaille ! vous osez élever la voix contre moi. Avez-vous si vite oublié que sans moi vous seriez encore esclaves? Avez-vous oublié que par moi, par ma science seule*, vous avez vaincu vos seigneurs, que vous vous êtes emparés de leurs richesses? Est-ce ma faute, si votre lâcheté vous attire un revers? Si je vous abandonnais à vos propres forces, malheureux! vous seriez déjà tous suspendus aux fourches patibulaires. Si maintenant...
BARTHELEMY
N'écoutons point ce traître...
GAILLON
Empêchons-le de parler!
MORAND
Qu'il meure l'apostat!
SIMOX.
Tuons-le comme il a tué le baron d'Apremont.
TOUS
Qu'il meure! qu'il meure!
MORAND
Il faut le livrer au captai, au baron de Bellisle!
F. JEAN, l'épée à la main.
Avancez, lâches, avancez; je ne vous crains pas. Qui de vous osera mettre la main sur son capitaine?
PAYSANS
Finissons-en! — Qu'il meure! — A bas le moine!
(F. Jean est frappé d'une flèche par derrière. Il tombe et se relève aussitôt sur les genoux en s'appuyanl contre un arbre.)
F. JEAN
Clela est digne de vous... misérables... vous me frappez par derrière.
VOIX derrière la scène.
Les gendarmes du roi! Les aventuriers*!
F. JEAN
Je vais être vengé!... Allez, traîtres... vous n'échapperez pas... à leurs longues lances... Les roues... les potences vous attendent... Je vous excommunie... et vous dévoue aux supplices éternels.
( Il meurt.] MORAND.
Sauve qui peut!