Mas fiero y cruel que Carvajal
mée dona Agustina Salazar, dont il eut une fille nommée dona Gatalina. 11 avait permis à sa mère de la faire élever au couvent de Notre-Dame du Rosaire à Cumana; mais lorsqu'il se fut établi à Yztepa, au pied de la Cordillère, il fit venir près de lui cette demoiselle dont la rare beauté ne tarda pas à allumer une flamme impure dans son cœur dépravé. D'abord il tenta de séduire l'innocence de la jeune Catalina, soit en lui donnant de mauvais livres, soit en raillant en sa présence les mystères de notre sainte religion. Gomme il vit ses efforts inutiles, par une ruse diabolique il essaya de lui persuader qu'elle n'était pas sa fille et que sa mère dona Agustina avait manqué à la foi conjugale. Toute cette infâme machination étant restée sans résultat* par la vertu de dona Gatalina, Garvajal, dont le caractère colérique ne pouvait long-tems se plier à la ruse, résolut de faire violence à cette ''^ innocente créature. D'abord, il se débarrassa de sa femme par le poison, suivant l'opinion généralement reçue ; puis s'étant enfermé seul avec sa fille, à laquelle il avait fait prendre un breuvage magique (lequel cependant ne put avoir d'effet sur une chrétienne), il essaya de triompher par force de sa pudeur*. Gatalina^ n'ayant plus d'autre ressource, saisit la dague de Garvajal et lui en donna un tel coup que le scélérat mourut presque aussitôt. Quelques instans après arriva le capitaine don Alonso de Pimentel, avec des Indiens et des Espagnols pour l'enlever par force de la maison de son père. Don Alonso l'avait connue à Cumana, et l'aimait tendrement; mais ayant appris ce qui s'était passé, il l'abandonna sur-le-champ et revint en Espagne, où l'on m'a dit qu'il se fit moine. Quant à dona Gatalina, elle prit la fuite, et l'on a jamais su ce qu'elle
était devoniu'. I^e juge don Pahlo Oomez qui poursuivit cette affaire fil de grands efforts pour la retrouver, mais iiiiitilement. Peut-être se sauva-t-elie chez les Indiens Tanianaques, peut-être fut-elle dévorée par les jaguars en punition du meurtre qu'elle avait commis. On remarqua que le cadavre de don José fut déterré et mangé par les jaguars, la imit même qui suivit son enterrement. » ^oir l'hisloirc du procès de Béatri.r Cenci.
Je n'aurais jamais pensé à faire un drame de cette horrible histoire sans les deux lettres qu'on va lire, et que je reçus presque en même tems.