PLUSIEURS MOINES
Notre famille est pauvre, et jamais...
LE LOUP-GAROU
Silence! qu'on emmène"^ ces braillards! (a un brigand.» Wilfrid, va t'assurer du magot. — Petit-Jean, enferme-moi ce tas de robes noires. — Attends. — Qui de vous se nomme Ignace? Répondez. Qui de vous se nomme Ignace?
r. IGNACE.
Me voici, que me voulez-vous?
LE LOUP-GAROU
Vous pouvez vous en aller partout où vous voudrez sans rançon. Remerciez-en le père Jean et le capitaine Franque, surnommé le Loup-garou. Emportez ce qui vous appartient, et grand bien vous fasse!
F. IGNACE
Je VOUS remercie; mais donnez-moi une escorte pour me conduire à Beauvais, autrement...
(On emmène les moines.) LE LOUP-GAROU.
Bien ! bien ! nous verrons ! (a labbé.) Quant à toi, qui es de cette détestable race d'Apremont, tu n'as pas de rançon* à espérer; je veux te brûler vif devant le château de ton cousin.
L ABBE, à genoux.
Ah! sainte Vierge! saint Leufroy! quel supplice me destinez-vous !
LE LOUP-GAROU
Ce gros coffre doré, c'est, je suppose, la chasse de saint Leufroy. Qu'on l'emporte au camp, elle nous portera bonheur. ,ii la pousse du pied.)
L ABBÉ, se relevant avec fureur.
Impie! tu outrages les saintes reliques, je te punirai de mes faibles mains.
(Il s'élance sur le Loup-garou, comme pour le prendre à la gorge : celui-ci le renverse facilement. L'abbé tombe sur la châsse, qu'il embrasse.)
LE LOUP-GAROU
Voyez-vous ce mouton qui se met en colère!
l'abbé.
Je ne crains plus la mort maintenant; je veux mourir martyr! Tant que je vivrai, tu ne profaneras pas ces reliques!
LE LOUP-GAROU
Lâche ce coffre, ou je te fends la tête.
L ABKE.
Scélérat! je t'excommunie toi et le frère Jean!
LE LOUP-GAROU
Voilà le paiement de ton excommunication!
(Il lui casse la lêle.)
l'abbé.
Jésus. (11 meurt.) (Les vilains murmurent.)
QUELQUES VILAINS
Tuer un moine ''^ sur la chasse de saint Leufroy! Sacrilège!
LE LOUP-GAROU
Que disent ces vils esclaves? Qui parle de sacrilège? Qui de vous a quelque chose à me dire? qu'il se présente, (ju'il paraisse, je lui répondrai... (Silence. — A ses brigands.) Enlcvcz cc cadavrc, et jetez-le dans quelque trou. — Vous, emportez cette châsse.
(Les brigands hésitent à obéir.) UN BRIGAND.
Mais, capitaine... c'est que...
Comment, poltron, tu crains que saint Leufroy, tout mort qu'il est, ne te fasse du mal. Imbécille, regarde-moi. (Il soulève le coffre.) Prcuds, maintenant; tu vois
qu'on n'en meurt pas. iLcs brigands emportent la chàssej AlloUS,
mes amis, la journée est à nous, faisons ripaille. La cave des moines est bonne, allons la visiter.
QUELQUES VILAINS
Oui, allons faire bombance ; allons boire le vin des moines.