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CHAPITRE IV

LA JAVELLISATION AUTOMATIQUE

La javellisation continue ne pouvait satisfaire tous les desiderata. La purification de grandes quantités d’eau, provenant de sources à débit variable devait entrainer des complications dans la façon de procéder. Un grand nombre d’inconvénients avaient été reconnus au fur ef à mesure que l’épuration des eaux s’organisait. On s’était rapidement mis à la recherche, dans les armées, de procédés automatiques permettant une javellisation en synchronisme constant avec le débit de l’eau, réalisant le mélange le plus exact et le plus mtime possible de la plus faible quantité d’'hypochlorite nécessaire à l’épuration de l’eau.

La javellisation automatique devait posséder un certain nombre de qualités, les unes communes à la javellisation continue les autres constituant de sérieux avantages devant la faire préférer à cette dernière.

Elle devait être tout aussi facile à installer dans n'importe quel poste de prise d’eau. Elle ne devait pas exiger des dépenses trop considérables, pouvant être multipliée à volonté. On était en droit d’en attendre une économie notable d’extrait de Javel, les doses à

Rhone employer devant être réduites à la dose suffisante la plus faible.

La proportion du chlore contenue dans l’eau étant moindre, le goût désagréable qu’elle possédait purifiée à de fortes doses ne subsisterait pas. Elle serait plus facilement acceptée, sans aucune répulsion, de la part des hommes.

Une des grandes difficultés que l’on avait rencontrées dans les mstallations de javellisation continue sur des eaux moto-pompées, résidait dans la négligence possible de l’homme chargé d'ouvrir ou de fermer les robinets d’hypochlorite en temps voulu.

Un oubli pouvait supprimer brusquement, sans que l’on s’en aperçoive, toute épuration. Il fallait absolument pouvoir compter sur une javellisation certaine et ne point croire à une protection qui pourrait ne pas exister. La surveillance d’une installation automatique devait forcément être moindre et par conséquent pouvait être plus rigoureuse.

Un des avantages importants était le brassage plus intense de la solution stérilisante à l’eau, ce qui permettait non seulement l’utilisation d’une quantité plus réduite d’hypochlorite, mais encore, le mélange étant plus intime, une épuration plus complète.

$ 1. Poste de javellisation de Daours.

Dès août 1916, le D' Orticont, dans un rapport au :

Grand Quartier Général, décrit le poste de javellisation installé à l’usine élévatoire de Daours, sur la

ET

Somme, et en fait ressortir l’importance et la parfaite organisation :

Cette usine alimentait en temps de paix la ville de

Villers-Bretonneux. Par des canalisations secon-

vers l'usine <—

ppereil de dislribulion

Poste de javellisation installé à l'usine de Daours.

daires elle fut appelée à fournir l’eau potable à plusieurs hôpitaux d'évacuation de la région, des Buttes (Marcelcave), de Wiencourt et à la commune de Lamotte-en-Santerre.

« La prise d’eau située entre la Somme et le canal « de la Somme, en terre vaseuse, est constituée par « une galerie de 10 mètres de long sur 2 mètres de « large et 5 m. 17 de haut. L’axe de la galerie est à « 7 mètres de la Somme et à 29 mètres du canal.

CA TRES € Au milieu de la galerie est un puits de visite. Un tuyau relie cette galerie à un puisard de 7 mètres de profondeur sur 1 m. 70 de diamètre. Dans le puisard plongent, à environ 5 m. 50 au-dessous du sol, les crépines de deux tuyaux d'aspiration de l'usine élévatoire.

« L'usine élévatoire est essentiellement constituée par deux pompes accouplées. Les pistons sont actionnés par une turbine mue par l’eau de la

« Le débit quotidien peut atteindre 700 mètres cubes. »

L’eau de la Somme est tout d’abord filtrée par la

galerie. Néanmoins elle reste encore suspecte et mau— vaise au point de vue bactériologique. De très fréquentes analyses ont montré que cette eau était, en outre, de composition très variable.

Nous reproduisons ici deux analyses donnant les

lus 2rands écarts :

15 juin 1916 15 novembre 1916 Aspect limpide louche — (absence de dépôt) (dépôt abondant) Matières organiques . Al 8,6 Azote ammoniacal. . moins de o,1 moins de 0,1 Azote albuminoïde. . d° 0,4 INAIPÉR ES Re absence très légères traces Chlornrés 40 nu: 24 27 Degré alcalimétrique. 229 260

La moins mauvaise de ces eaux contenait plus de

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