AMINTE, DAPHNÉ
Cruelle fut vraiment ta pitié, ô Daphné, quand tu as retenu le trait ! ma mort sera d'autant plus amère qu'elle sera plus tardive. Et à cette heure pourquoi me promènes tu par tous ces cheiums, et pourquoi tous ces discours? Que crains-tu? Que j'attente à ma vie ? Tu crains mon honheur.
D.XPHNÉ.
Ne désespère pas, Aminte ; je connais bien Sylvie, c'est la honte seule et non la cruauté qui l'a fait fuir.
Hélas ! \(i désespoir serait mon salut, puisque l'espérance a causé ma perte, et qu'elle cherche encore, malheureux que je suis, à germer dans mon sein, pour que je vive. Et quel plus grand mal que la vie pour un infortuné comme moi ?
Vis dans ton infortune. Supporte-la pour devenir un jout heureux. Elle sera le prix de ton espérance (si tu conserves Ift vie el l'espoir), celle que tu as vue si belle en sa nudité.
AMINTE
.Je n'aurais point semblé à l'Amour et au Destin assea malheureux, si je n'avais contemplé sans voiles ce qui m'était refusé.