‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 159 sur 215 · ADIEU AV NAVIRE · texte numérisé non relu

ADIEU AV NAVIRE

Un navire inconnu, déployant sa voilure, Et qui fuit, pavoisé de splendeur et d'espoir. Au rythme du flot vert balançant son allure.

Trempe ses mâts pointus dans for rouge du soir.

Vers quelques deux lointains que le vent vous emmène O matelots cuivrés et vous, blancs passagers! Vous portes^ le fardeau de la grande âme humaine Et je salue en vous des frères étrangers.

Cœurs semblables au mien! V amour de F aventure Vous emporte, 6 sondeurs de deux inexplorés!

Comme des écureuils que leur cage torture.

Dans un cercle tournant d^hori^ons colorés.

Vainement, chaque jour, pèlerins en voyage Vers un but qui recule au fond de Vinfini, Votre œil désabusé voit fondre le mirage Qui vous montrait le del à la mer réuni;

Du firmament des nuits, cher aux âmes pensives. Et des larges soldls de cuivre incandescent.

Une pluie invisible aux gouttes corrosives Distille Véternel Désir dans votre sang.

Et, prisonniers de Fonde orageuse ou sereine. Cœurs hâtifs, tout rongés du mal des exilés, La vague qui se roule en forme de sirène Trompe éternellement vos yeux ensorcelés.

Pars donc, nef douloureuse! Une lune falote.

Phare douteux, s'allume au fond noir de Fa^ur; Déjà tu sombres dans la nuit qui te ballotte. Ignorant — 6 secret de ton destin obscur! —

Que jamais Focéan, saturé d'amertume, Gouffre de sable amer berçant des flots salés, Nétanckera la soif d'Infini qui consume Nos cœurs partout hurlant, partout inconsolés!

Maurice Cartuyvels

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