‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 2 sur 215 · EGLOGUE · texte numérisé non relu

EGLOGUE

Ami, c'est le matin. Tout chante; si tu veux, Ivres du ciel doré, tressant dans nos cheveux Des liserons rampants et de vertes myrtilles. Nous irons nous asseoir sous les tendres charmilles Où, parmi les rayons, les doux baisers du vent Réveillent les yeux clairs des fleurs, et là, buvant Dans des corolles d'or les boissons parfumées. Nous dirons les chansons que nous aurons rimées En r honneur du printemps, des dieux ou de l* amour, O jeu simple et charmant, ô loisirs! tour à tour Nos vers tout empennés de campanules fraîches. Harmonieux, vibrants et vifs comme des flèches, S'enfonceront légers dans la cible des cœurs. Mon cher aîné, commence; et, tendres ou moqueurs. Livrons-nous, sans tarder encore^ à cette lutte. Ainsi quau bord de Veau rapide, sur la flûte Deux bergers souriants, de lierre couronnés. Charment dans le bosquet de leurs chants alternés. Les beaux enfants portant V amphore et les corbeilles* Ici, sous le cytise, où comme des abeilles Dans le feuillage bleu voltigent des rayons De soleil, l'ombre vive est propice; essayons Aux préludes discrets nos lyres fraternelles. Composons de doux lais, de souples villanelles Et, sans vouloir creuser le sens de l'univers. Trouvons le seul plaisir au charme d'un beau vers.

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